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Le président de la Transition, Bah N’Daw, a quitté Bamako hier matin pour une visite de travail de 72 heures à Paris sur invitation du président français Emmanuel Macron. Cette visite constitue le premier déplacement du chef de l’État en dehors du continent africain depuis son investiture. Au cours de ce voyage, les présidents malien et français échangeront sur la coopération entre les deux pays. Mais aussi sur le sommet du G5-Sahel prévu en février prochain à N’Djamena au Tchad. Rappelons que quelques jours après son investiture, le président Bah N’Daw avait reçu en audience l’ambassadeur de France au Mali, Joël Meyer.


Le diplomate français était venu lui réaffirmer la volonté de Paris d’accompagner le Mali dans ce moment crucial de notre histoire. Aussi, il avait indiqué que la France restait un partenaire stratégique pour le Mali comme l’est le Mali pour la France. Après cette audience, la ministre française des Armées Florence Parly s’était rendue dans notre capitale où elle a été reçue par son homologue le colonel Sadio Camara, ensuite par le chef de l’État. Elle avait elle aussi réaffirmé l’engagement de la France à appuyer la montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa). Florence Parly avait promis que son pays avec ses partenaires internationaux, poursuivra son aide et ses activités de conseil pour les reformes structurelles engagées par les FAMa. «Le Mali doit disposer de forces en mesure de faire face aux groupes armés terroristes, capables de se régénérer dans le temps. Et aujourd’hui, la situation montre qu’il faut accélérer. Avec les FAMa, Barkhane s’adapte et continuera de s’adapter», avait déclaré Florence Parly à l’issue de sa rencontre avec le colonel Sadio Camara.

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La visite du chef de l’État à Paris intervient au moment où la situation sécuritaire a été marquée ces derniers temps par plusieurs attaques visant les FAMa et leurs partenaires Barkhane et la Minusma. Il y a deux jours, deux postes de securité de l’Armée malienne ont été victimes d’attaques terroristes. Il s’agit des postes de sécurité de Boulkessi et de Mondoro. Le bilan est de 6 morts et 18 blessés du côté des FAMa et d’une trentaine de morts du côté des terroristes avec une quarantaine de motos saisies suite à la riposte énergique de nos hommes.


Auparavant, les FAMa avaient été victimes d’un engin explosif improvisé sur le chemin de Koro de retour d’une mission de ravitaillement du poste de Mondoro le jeudi 21 janvier dernier. Même s’il n’y a pas eu de victime, le véhicule de nos hommes a été endommagé par le souffle de l’explosion qui a également fait des blessés.


Quelques jours plus tôt, au cours d’une opération de sécurisation, une compagnie de la Minusma avait heurté des engins explosifs improvisés avant d’être la cible de tirs par des hommes armés non identifiés. L’incident s’est produit à environ 20 km de la localité de Bambara-Maoudé sur l’axe Douentza-Tombouctou. L’attaque a coûté la vie à quatre casques bleus d’origine ivoirienne.

Ce voyage du président de la Transition, a lieu également alors que le vendredi 8 janvier dernier, six soldats de la Force Barkhane ont été blessés dans notre pays au cours d’une attaque suicide au véhicule piégé dans la zone dite des trois frontières entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Ce qui fait la troisième attaque subie par les militaires français engagés dans la lutte anti-terroriste au Mali et au Sahel depuis fin décembre.


En effet, le 2 janvier dernier, deux soldats français dont une femme avaient été tués dans leur véhicule blindé léger qui avait fait l’objet d’une attaque à l’engin explosif improvisé lors d’une mission de reconnaissance et de renseignement. Cinq jours auparavant, trois autres soldats français avaient été victimes d’une bombe artisanale. Des décès qui portent à 50 le nombre de soldats français tués au Sahel depuis 2013 dans les opérations anti-terroristes de Serval puis de Barkhane. Le président de la Transition est à Paris alors que des voix s’élèvent pour demander le retrait ou la réduction du nombre des militaires français déployés dans notre pays et au Sahel.


Au cours d’un entretien accordé au journal Le Parisien et publié le 4 janvier dernier, la ministre française des Armées Florence Parly avait indiqué que la France «va très probablement» réduire le nombre de ses troupes présentes au Sahel dans le cadre de l’opération Barkhane. Elle devrait ainsi prochainement rapatrier 600 soldats déployés au Sahel dans le cadre de cette opération. Toutes ces annonces seront sans doute précisées au cours du sommet de N’Djamena. Rappelons que c’est lors du sommet de Pau début 2020 que la France avait décidé d’envoyer des renforts pour muscler davantage la riposte contre les menées des groupes terroristes. L’année 2019 avait été marquée par une série d’attaques meurtrières contre les armées du Mali, du Niger et du Burkina Faso.


L’ex-puissance coloniale a jugé bon de renforcer Barkhane pour annihiler la puissance des groupes terroristes. Les résultats obtenus au cours de l’année 2020 semblent avoir réduit les capacités des terroristes à mener des assauts massifs contre les positions des militaires. Il reste entendu aussi que Paris n’est pas sourde aux récriminations d’une partie de l’opinion dans les pays sahéliens contre sa présence militaire au Sahel.


Dieudonné DIAMA

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Dieudonné Diama

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