single

La mairie du District nie toute collaboration avec ces jeunes habitués au gain facile et invite les citoyens à la vigilance

Les opérations de vente des vignettes pour les motocyclettes relevant du territoire de Bamako ont commencé à la mairie du District depuis le 2 janvier dernier. Elles se poursuivront jusqu’au 31 mars prochain. Et comme chaque année, elles sont mises à profit par de jeunes rabatteurs qui offrent leur service à des clients.
Munis de pochettes plastiques pour vignette, ces racoleurs prennent d’assaut, tôt le matin, la devanture de l’hôtel de ville à l’affût d’éventuels clients à qui ils proposeront leur prestation. «Voulez-vous une vignette rapidement ?» C’est ainsi que ces jeunes gens vous abordent dès que vous arrivez sur les lieux. Ils ont fait de ce travail d’intermédiaire un métier. Ce vendredi, il est 8 heures. Nous sommes devant la mairie du District. Les jeunes rabatteurs font visiblement de bonnes affaires. L’un d’eux vient de mettre le grappin sur un client intéressé par ses services.
«Mon travail débute à 8 heures. Je ne peux pas faire le rang, car mon temps ne me le permet pas. En plus, je ne veux pas me faire contaminer par le coronavirus parce qu’il y a trop de gens à l’intérieur», argumente un motocycliste qui vient de mordre à l’hameçon. L’homme préfère payer 10.000 Fcfa au lieu des 6.000 réglementaires pour ne pas faire le rang.

Mohamed Doumbia, lui aussi venu pour la vignette, n’est pas de cet avis. Il a patienté dans le rang. Au bout de quelques temps, il est ressorti sa nouvelle vignette en main. «C’est très simple et fluide aujourd’hui», s’exclame-t-il.
Le cas de Mohamed Doumbia fait penser que les rabatteurs créent la psychose afin de dissuader les gens à faire le rang. La question qui se pose est de savoir comment les jeunes rabatteurs arrivent-ils à se procurer facilement la vignette ? Vendent-ils de vraies vignettes ? «Nous collaborons avec nos grands frères qui sont à l’intérieur. Les gens font la queue à l’intérieur, donc c’est difficile de perturber l’ordre d’arrivée. Nous prenons l’ancienne vignette ou le papier de la moto pour les remettre à nos grands frères qui travaillent à l’intérieur. Ils n’ont aucun problème pour se procurer les vignettes», explique un rabatteur. Le coût du service varie en fonction du type de moto. Il coûte 10.000 Fcfa pour les propriétaires de moto Jakarta dont les vignettes sont vendues à 6.000 Fcfa à la mairie. Il nous arrive de demander plus à ceux qui ne sont pas dans le «réseau (les habitués)», précise-t-il, ajoutant qu’ils (eux et les complices) se partagent le profit à la fin de la journée.
Interrogé à ce sujet, le receveur-payeur de la mairie du District est catégorique. «Nous n’avons aucune connaissance des jeunes qui sont dehors. Ils ne travaillent pas avec nous et nous ne savons pas comment ils font pour se procurer ces vignettes», répond Aguissa Zouladeïni Maïga. Qui émet même des doutes sur l’authenticité des vignettes vendues par ces rabatteurs. «Je demande à la population de faire très attention à ces gens, car ils peuvent leur vendre de fausses vignettes», conseille-t-il.

Ce qui serait dommage et pour la population et pour la collectivité. Car, argumente le financier, la vignette est une taxe prévue par les lois, une recette fiscale pour les collectivités. C’est un devoir citoyen de s’acquitter de ses impôts, rappelle le receveur-payeur, précisant que ces impôts permettent le fonctionnement normal des collectivités. Ainsi grâce aux taxes collectées, les collectivités assurent l’assainissement de la ville, la construction de routes relevant de leur compétence, l’éducation et la santé. Tout cela à besoin de moyens, insiste Aguissa Zouladeïni Maïga. Malgré les désagréments, tous les Bamakois doivent prendre leur vignette à la mairie du District. Car les opérations n’ont pas encore été décentralisées faute de moyens logistiques nécessaire à cet effet, soutient-il.
Cette explication est, selon lui, d’autant nécessaire que beaucoup de gens profitent des moments de grandes affluences pour faire circuler de fausses vignettes. «Quelqu’un s’était même installé en Commune VI du District de Bamako, où il vendait illégalement des vignettes. Il a été pris, jugé et puni conformément à la loi. Toute personne prise avec une fausse vignette se justifiera devant la loi», menace notre interlocuteur.
Il existe quatre catégories de vignettes. Les prix varient entre 1.500 Fcfa pour les vélos, 3.000, 6.000 et 12.000 Fcfa pour les motos (selon la puissance des moteurs). Les opérations durent trois mois. Les habitants de Bamako ont jusqu’au 31 mars pour se pourvoir en vignette. Au-delà, les retardataires seront pénalisés. Ils payeront le double du tarif.


Rokiatou TRAORÉ

autho

L'ESSOR

ARTICLES CONNEXES

VOIR TOUT

LES PLUS RECENTS

VOIR TOUT
editor

CAN U17 : La liste du Mali

TWITTER