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Faute d’accord avec la partie gouvernementale, la centrale syndicale a assuré qu’elle poursuivra sa lutte pour faire aboutir ses revendications

Le Premier ministre Moctar Ouane, qui a pris le dossier de la grève de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) en main, n’a pas réussi à convaincre la centrale syndicale de lever son mot d’ordre de grève générale. Samedi, dans l'après-midi, le chef du gouvernement, les représentants du Conseil national du patronat et les syndicalistes avaient débuté les discussions sur les doléances mentionnées dans le préavis de grève en date du 26 avril. Les échanges, qui ont continué jusqu'à 3 heures du matin, auraient permis une convergence de vue sur plusieurs points. Les parties devaient se retrouver hier à la Primature pour préciser les contours des compromis trouvés et signer un accord. Mais contre toute attente, ce second round des négociations n'a pas eu lieu. Alors que des informations faisaient état de la signature imminente d’un accord, la centrale syndicale conviait au même moment la presse à son siège pour annoncer la reconduction de la grève sur cette semaine.


Dans son communiqué l'UNTM dit constater avec '' amertume le manque de sérieux et d'esprit de responsabilité affichés au nom de l'Etat pour ne pas donner suite à l'application des accords déjà conclus''. Pour les syndicalistes, les ‘’mesures fallacieuses sans aucune précision, ni aucune imputation à un département ou une direction n'étaient pas acceptables''. Par conséquent, la plus grande centrale et ses partenaires syndicaux maintiennent le mot d'ordre de grève pendant la période allant du lundi 24 mai au vendredi 28 mai 2021.


Les services publics, parapublics et privés resteront paralysés. Les pertes financières causées par cette cessation de travail s’évaluent déjà en dizaines de milliards de nos francs (voir l’article ci-dessous). Les conséquences sont tout aussi considérables sur la conduite de certains processus importants, comme l’organisation des élections prochaines. Par ailleurs, c’est une lapalissade d’évoquer l’angoisse des prévenus qui ont vu leur jugement différé ou encore le préjudice subi par des usagers des banques qui ont dû se regrouper, parfois au mépris des mesures barrières contre la Covid-19, pour effectuer leurs opérations, samedi dernier.


Pour mémoire, les principales revendications de l’UNTM s’articulent autour de l’harmonisation des grilles, de la relecture des Conventions collectives à tous les niveaux, du règlement de la situation des compressés, des partants volontaires à la retraite et des cheminots. Les syndicalistes sont également préoccupés par le sort des jeunes qui battent le macadam à la recherche hypothétique d’un emploi.
A quand la fin du bras de fer ? L’UNTM assure qu’elle mènera son combat jusqu’au bout.


I. DEMBELE
autho

Issa Dembelé

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