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Les Sotrama sont le moyen de transport le plus utilisé par les Bamakois

La ville de Bamako était à nouveau paralysée hier matin. Le Syndicat national des transporteurs routiers urbains, interurbains et internationaux du Mali (Syntrui-Mali) a exécuté son mot d’ordre de grève de 72 heures pour protester contre l’entrée en vigueur, depuis le 1er mars, du paiement de la redevance péage par passage.

Comme il fallait s’y attendre la circulation avait retrouvé toute sa fluidité. Quelques rares sotrama et taxis vides de passagers circulaient à travers la ville. La compagnie de transport Africa Star n’a enregistré aucun départ de bus depuis avant-hier soir (la nuit de lundi à mardi, Ndlr), explique le vendeur de billet, Maki Konté. Ces propos sont confirmés par une passagère. «J’ai passé la nuit de lundi dernier ici. Je dois voyager sur Kéniéba mais jusqu’à présent aucun bus n’est sorti à cause de la grève. J’espère qu’elle prendra fin aujourd’hui (hier selon notre interlocutrice) pour que je puisse retourner en famille», se désole Salimata Taliba, ressortissante de Kéniéba.

Le vice-président du Syntrui-Mali, Siaka Diakité explique que cette grève entre toujours dans le cadre de l’entrée en vigueur du paiement de la redevance péage par passage. S’y ajoute, selon lui, la situation des conducteurs âgés de plus 55 ans, obligés de renouveler leurs permis de conduire tous les deux ans. Un autre grief est l’application du Règlement 14 à savoir la pesée à l’essieu, a détaillé Siaka Diakité.

Rencontré hier, le conseiller technique au ministère des Transports et des Infrastructures confirme que les transporteurs ont fait parvenir une doléance au niveau du département depuis le mois passé concernant l’application de la tarification du péage par passage au niveau des postes de contrôle. «Nous avons travaillé avec eux au cours de nombreuses réunions. Il s’agit de leur expliquer d’abord que cette tarification par passage est consacrée par 11 arrêtés interministériels qui datent tous de 2008, dont l’application a été différée jusqu’en 2021», explique Ousmane Bah Maïga. Il rappelle que le 19 février 2020, le Conseil des ministres a autorisé le ministère des Transports et des Infrastructures à procéder à l’application de la tarification par passage.

«Nous avons expliqué tout cela aux transporteurs. Nous leur avons également expliqué qu’il s’agit d’une disposition communautaire qui s’applique partout dans les pays de la Cedeao et de l’Uemoa, donc une pratique internationale à laquelle le Mali ne peut se soustraire», insiste le conseiller technique. Il précise que le Mali ne disposant pas de péage urbain, cette mesure concerne uniquement ceux qui font l’interurbain et l’international, soulignant que les transporteurs ont déposé deux autres doléances : la gestion des Sotrama et des camions-bennes.

Les Sotrama opérant dans la capitale et qui font des va-et-vient dans la périphérie en allant à Kati ou Sanankoroba, passent plusieurs fois au niveau des postes de péage. De commun accord avec les transporteurs une tarification forfaitaire a été fixée pour cette catégorie-là. La deuxième doléance se rapportait aux camions-bennes notamment le transport de sable. Ceux d’entre eux qui quittent Bamako pour aller à Koulikoro ou au-delà devront, comme tous les autres usagers de la route, se soumettre au payement de la redevance par passage au niveau des postes de contrôle. Ousmane Bah Maïga précise qu’ils ont globalement convenu sur ces différents points.

En outre, les transporteurs ont récemment élargi leurs doléances. En plus du refus du paiement du péage par passage, ils demandent l’arrêt de la pesée à l’essieu des camions de transport de sable, le pesage par poids total autorisé en charge au lieu de poids à l’essieu et de rallonger le délai de validité des permis pour les conducteurs âgés de plus de 55 ans. La gestion des camions-bennes qui font la navette entre Bamako et Koulikoro est aujourd’hui le seul point de désaccord, précise Ousmane Bah Maïga.

Makan SISSOKO

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Makan Sissoko

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