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Les écueils ne manquent pas sur le chemin de la Transition. En dépit des vents contraires, nous sommes condamnés à avancer, même s’il faut ramer. La crise sanitaire persiste, et ses effets maintiennent l’activité économique dans le marasme. De quoi accentuer les difficultés financières de l’État. Le front social, bien qu’en sommeil depuis quelque temps, pourrait entrer de nouveau en ébullition si la conférence sociale annoncée ne se tenait pas dans un bref délai. Inutile de s’étendre longuement sur les conséquences d’une nouvelle poussée de fièvre sur le front social.

Ce n’est pas tout au chapitre des défis. Les professionnels de l’agitation ont repris du service en surfant sur le marronnier de la défiance contre la France. Le départ des troupes françaises est présentée comme la solution à tous les maux de notre pays. Le problème est que ceux qui ont fait de l’activisme un métier sont doués pour provoquer des sauts dans l’inconnu mais à l’heure de poser des actes constructifs, ils sont aux abonnés absents.

Quelle alternative proposent les frondeurs au départ de la Force française Barkhane ? Mystère ! Quand il y a le flou, il y a toujours un loup. La seule perspective perceptible est l’affaiblissement des forces militaires qui font face actuellement aux groupes terroristes. Les capacités militaires des Français contraignent les forces du mal à la guerre asymétrique. En l’absence de cette adversité, elles auront le loisir d’opérer des attaques massives contre les positions de nos soldats. Les conséquences sont aisément prévisibles.

Le timing du regain d’intensité de la fronde contre la présence militaire sur notre sol de l’ex-puissance coloniale interroge. Il intervient au moment où les troupes maliennes et françaises semblent avoir trouvé enfin la bonne articulation pour attaquer ensemble les repaires des groupes terroristes. Ces derniers n’ont apparemment plus les capacités de planifier et de mener à bien les assauts meurtriers comme ce fut le cas à Dioura, Boulkessi, Indelimane, etc. En difficulté face aux militaires, les guerroyeurs applaudissent des deux mains la bronca anti-française dans les rues de Bamako et sur les réseaux sociaux.

Le défi pour les dirigeants de la Transition est de déminer rapidement le piège du sentiment anti-français prétendument partagé par la majorité des Maliens. Ils y parviendront en cultivant davantage l’inclusivité à laquelle la Cedeao les exhorte vivement. Le président Bah N’Daw s’est fait l’écho de ce besoin de rassemblement autour des objectifs de la Transition dans son allocution à l’occasion de la fête de l’Armée. Il a invité le gouvernement à s’ouvrir à toutes les forces vives. En tant que capitaine, il lui revient de fixer le cap. Mais par gros temps, le capitaine est très souvent amené à tenir la barre du navire pour faire face aux tumultes de la tempête.


B. TOURÉ

autho

Bréhima Touré

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