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256,1 milliards de Fcfa investis dans 24 projets. C’est le bilan des six premiers mois (septembre 2020 à fin mars 2021) de Serge Ekue à la présidence de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD). Il a présenté ses réalisations à la tête de l’institution sous-régionale, en animant hier une conférence de presse virtuelle.

Les domaines concernés sont les secteurs de la finance et assurance (38,2%), des infrastructures de transport, d’énergie et d’assainissement (35,8%), de la santé et de l’éducation (12,1%), de l’industrie (7,8%) ainsi que de l’agriculture et du développement rural (6,1%), précisé Serge Ekue. Pour lui, la BOAD s’est démarquée par la réalisation du premier emprunt obligataire à objectif de développement durable jamais réalisé en Afrique. «Une opération ambitieuse reflétant la nouvelle dynamique de l’Institution et qui a permis de lever 750 millions d’euros destinés à financer des projets à fort impact social et environnemental», a commenté le président de la BOAD.

Durant ces six mois, a-t-il ajouté, la banque a aussi joué un rôle actif aux côtés des États-membres de l’Uemoa dans la riposte à la pandémie du coronavirus. «Cet engagement fort s’est matérialisé par la mise œuvre de deux programmes d’un montant cumulé de 300 milliards Fcfa dans le cadre de divers partenariats avec la BCEAO, la Commission de l’Uemoa, et l’AFD décidées dès l’apparition des premiers impacts de la pandémie au premier semestre 2020», a argumenté Serge Ekue. Cela pour soutenir les plans d’urgence des États, les entreprises du secteur privé.

Parlant des stratégies de positionnement, le patron de la BOAD a souligné que ces 180 jours ont permis à son institution de poursuivre sa réflexion sur le renforcement de ses fonds propres. «Nous envisageons de doubler le capital de la Banque à travers la structuration d’une opération d’augmentation de capital dans laquelle les États membres et la BCEAO demeureront les actionnaires de référence, mais avec une éventuelle entrée au capital de partenaires stratégiques notés AA ou +», a déclaré Serge Ekue.

Cette rencontre a été mise à profit pour évoquer les priorités de la BOAD pour faire face aux défis de développement des États de l’UEMOA et ses 130,8 millions d’habitants. Les défis prioritaires se rapportent à l’amélioration des services essentiels aux êtres humains notamment l’accès à l’eau potable, à l’électricité, la croissance démographique, la santé, le climat et l’environnement, l’éducation, etc. Pour y faire face, des investissements de l’ordre de 19.000 milliards de Fcfa seront nécessaires chaque année pour atteindre les Objectifs de développement durable à l’horizon 2030.
PLAN DJOLIBA 2021-2025- Cadre de l’engagement de la BOAD sur les cinq prochaines années, le Plan stratégique Djoliba 2021-2025 a été présenté par le président de la BOAD.

Il s’articule autour de cinq secteurs prioritaires. Il s’agit de l’agriculture et la sécurité alimentaire, les énergies renouvelables, les infrastructures de base, la santé, l’éducation et l’habitat social.
Pour sa mise en œuvre, «la Banque s’engage ainsi à consentir un volume de financements d’environ 3.300 milliards de Fcfa (5,03 milliards d’euros) dont au moins ¼ pour soutenir le développement du secteur privé ; un accroissement de l’ordre de 50% par rapport aux financements mis en place au cours du Plan précédent», a précisé Serge Ekue.

Ce Plan aura, selon lui, des impacts significatifs concrets sur la vie de nos populations. En matière d’accès à l’eau potable, il est prévu la construction d’infrastructures nécessaires (forages, châteaux d’eau et canaux de distribution) pour augmenter de 87.700 m3/jour la production moyenne d’eau potable. Concernant le secteur agricole, 12.170 hectares de terres seront aménagées pour permettre la production de 170.300 tonnes de riz par an. La BOAD entend contribuer à la réalisation de 12.700 km de routes en vue d’améliorer les infrastructures de transport, faciliter le déplacement des populations et de leurs biens à travers la région. Pour améliorer l’accès à l’énergie, 380 MW supplémentaires seront produites, avec une part minimale de 39% affectée aux énergies renouvelables. Par rapport au climat et à l’environnement, des financements permettant d’éviter 18 millions de tonnes de CO2 seront mobilisés.

Sur le plan de l’emploi, il est attendu la création de 244.000 emplois dont 16.700 dans l’ensemble du tissu économique constitué par les MPME via les lignes de crédit accordées aux banques et institutions de finance inclusive. Quant aux recettes fiscales des États, la contribution attendue au PIB est estimée à 3.710 milliards Fcfa. Aux taxes fiscales, elle est évaluée à 580 milliards Fcfa à travers les engagements financiers de la Banque.

C. M. T.

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Cheick Moctar Traoré

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