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Le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a exprimé l’attachement de notre pays à ses engagements internationaux. De son côté, le président du comité stratégique du M5-RFP, pressenti pour le poste de Premier ministre, a assuré que son action répondra aux critères d’inclusivité, chers à nos partenaires étrangers

La décision de la France de suspendre ses opérations conjointes avec les FAMa a fait monter la pression d’un cran sur notre pays, déjà suspendu des instances de certaines organisations sous-régionales, continentales et internationales. Pour un temps, puisqu’il s’agit de mesures conservatoires et temporaires, Barkhane évoluera en solo, alors que la force Takuba sursoit carrément à toutes ses activités au profit de nos militaires.
Un mauvais coup pour les opérations militaires en cours dans le Gourma où de nombreux repaires des terroristes ont été démantelés ces derniers temps par l’Armée malienne et ses alliés.

Les opinions nationales y ont trouvé de quoi s’offusquer. Et des observateurs se demandent si cette décision, par-delà la position de principe, n’est pas une façon pour la France de mettre en récit le désengagement de ses militaires. Mais Paris a rassuré, à travers son ministre en charge des Armées, que ces mesures seront réévaluées dans les jours à venir au regard des réponses qui seront fournies par les autorités maliennes. Autrement dit, un retour à la normale sera possible dès que les conditions fixées par la Cedeao et l’Union africaine seront remplies.

Les exigences énoncées par ces organisations ont trait à la nomination immédiate d’un Premier ministre civil et la formation d’un « gouvernement inclusif ». Elles souhaitent également le respect de la période de transition, fixée à dix-huit mois et l’organisation d’élections au plus tard le 27 février 2022, auxquelles ne pourront se présenter les dirigeants de la Transition.

Le respect de ces paramètres est aussi posé par l’Union européenne et la Banque mondiale comme la condition du maintien de leur engagement au Mali. La France s’inscrit donc dans une logique de principe, en emboîtant le pas aux États-Unis dont le département d’État a suspendu dès la fin mai l’assistance américaine aux Forces de défense et de sécurité du Mali.

RÉÉVALUER POSITIVEMENT- Sur ces questions, les autorités ont donné déjà des gages qui pourraient amener la France à réévaluer positivement sa décision. Vendredi, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale assurait dans un communiqué que les autorités maliennes respecteront les « engagements pris vis-à-vis du peuple malien et de la communauté internationale ». Boubacar Gouro Diall réitérait ainsi à l’ambassadeur de France au Mali, qu’il avait reçu en audience, la volonté ferme de notre pays d’œuvrer à l’application des mesures édictées par la Cedeao.

Aussi, avait-il souligné, tout comme son hôte, l’importance du partenariat entre nos deux pays dans la lutte contre le terrorisme et la stabilisation dans le Sahel.

Le même jour, à la place de l’Indépendance, Choguel Kokalla Maïga, désigné par le comité stratégique du M5-RFP pour occuper le poste de Premier ministre, avait appelé la communauté internationale à comprendre toute la profondeur de la crise malienne et d’accorder à notre pays l’accompagnement nécessaire.

Boubacar Gouro Diall, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale

Le futur chef du gouvernement qui ambitionne de rectifier la trajectoire de la Transition a indiqué que cette vaste entreprise sera inclusive et ouverte à toutes les forces politiques et sociales. De quoi rassurer les dirigeants ouest-africains et la France.

Au demeurant, cette suspension a un fort impact aussi bien pour Barkhane que pour les FAMa. Les opérations conjointes sont pour l’armée malienne des opportunités d’acquérir de nouvelles compétences. Sur les trois groupements tactiques interarmes, déployés dans la zone dite des trois frontières, Barkhane en consacrait un au partenariat militaire opérationnel.

Un peu plus de 300 soldats français avaient ainsi pour rôle d’accompagner nos soldats au combat. Ce qui n’est pas rien pour une armée en pleine reconstruction et qui doit, en même temps, faire face à une horde de barbares rompus aux tactiques de la guerre asymétrique.
Mais ce partenariat ne profitait pas qu’aux militaires maliens qui ont une maîtrise avérée des réalités du terrain. Un atout indispensable aux succès tactiques.

Au-delà, cette suspension, si elle venait à perdurer, pourrait impacter l’agenda de la France qui souhaite se retirer du Sahel, une fois que les armées locales auront suffisamment monté en gamme et en capacité de répondre à la menace. Cette ambition constitue un des piliers de la stratégie de Pau, à laquelle tient le président Emmanuel Macron. Il sait que son bilan, à l’heure de la campagne présidentielle qui avance à grands pas, s’appréciera également à l’aune de ce qu’il aura réussi au Sahel, particulièrement au Mali.


Issa DEMBÉLÉ

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Issa Dembelé

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