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Les Maliens sont l’attente d’une clarification au sommet de l’Etat. L’inquiétude semble être le sentiment le mieux partagé par nos compatriotes


Le président de la Transition, Bah N’Daw et son Premier ministre, Moctar Ouane, ont démissionné hier en présence des représentants de la mission de médiation internationale. Les négociations entamées par la médiation tournent désormais autour de leur libération et la formation d’un nouveau gouvernement. Une autre paire de manche !


De fait, le colonel Assimi Goïta, vice-président de la Transition et ex-chef du Conseil national pour le salut du peuple (CNSP), est aux commandes, depuis mardi, de l'appareil d'Etat après avoir mis le ''président de la Transition et le Premier ministre hors de leurs prérogatives''. Arrêtés la veille par des militaires, ils sont accusés d’avoir établi la liste des membres du nouveau gouvernement, sans tenir compte des prérogatives du vice-président. En outre, les arguments mis en avant par le colonel Assimi Goïta pour justifier son acte révèlent une tension latente au sommet de l’Etat.


Lundi, alors que les Maliens épiloguaient sur la nouvelle équipe, les rumeurs faisant état de bruits de bottes entre la ville garnison de Kati et la capitale se sont avérées. Le président de la Transition et le Premier ministre ont été conduits par des militaires au camp Soundjata Keïta, où l'ancien président Ibrahim Boubacar Kéita avait rendu sa démission en août 2020.


Aussitôt la nouvelle connue, un climat délétère s'est emparé de tout le pays. Sur les réseaux sociaux, chacun y allait de ses commentaires. Avec à la clé des fake news délibérément distillés pour soutenir ou accabler les militaires. Les Maliens passeront ainsi un après-midi tout aussi long que celui du mardi 18 août 2020, les regards figés sur les petits écrans (Smartphones et télévisions).


La communauté internationale s’est mise en branle, appelant à la libération immédiate des autorités arrêtées. La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l'Union africaine, l'Organisation des Nations unies à travers la Minusma, la France, les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Union européenne... ont tous dénoncé une ''tentative de coup de force''. Dans la foulée, l’Union européenne a dit envisager des mesures ciblées contre les dirigeants politiques et militaires qui font obstacle à la transition. Aussi, comme pour montrer sa fermeté, le comité local de suivi de la transition composé de tous les représentants de la communauté internationale a prévenu dans son communiqué : « Les auteurs de l'arrestation du Premier ministre et du président de la Transition seront personnellement rendus responsables de leur sécurité".


Dans le sillage de la communauté internationale, des personnalités politiques et organisations nationales ont donné de la voix. L'ancien Premier ministre Moussa Mara ou encore l'ancien ministre Housseini Amion Guindo ont condamné l’action des militaires et appelé à la libération des personnalités. Les organisations de défense des droits de l'homme, dont la Commission nationale des droits de l'homme (CNDH), ont dénoncé le caractère "illégal et arbitraire" des arrestations opérées.


Tard dans la soirée du lundi, une délégation du M5-RFP a été conviée au Prytanée militaire de Kati par les militaires pour échanger. Peu d’informations ont filtré de la rencontre. Mais elle a, semble-t-il, acté une sorte de retrouvailles entre les alliés d'hier. Alors que certains responsables de ce mouvement semblaient approuver les arrestations, Mme Sy Kadiatou Sow, une figure de proue, s’est démarquée en condamnant le «coup de force» des militaires.


TENSION- Il fallu attendre la matinée du mardi pour que le vice-président rompe le silence, à travers un communiqué, dont la teneur a été livrée sur la télévision nationale par un de ses proches collaborateurs.


Le vice-président accusait Moctar Ouane de s’être montré "incapable de constituer un interlocuteur fiable, susceptible de mobiliser la confiance des partenaires sociaux" face à la crise caractérisée notamment par des grèves. Ce qui n'aurait pas empêché le président de la Transition de lui renouveler sa confiance pour former un nouveau gouvernement.


Le communiqué fustigeait le fait que le duo a établi une liste « sans concertation avec le vice-président en charge des prérogatives à lui conférées par la charte à savoir, la Défense et la Sécurité ». Toute chose qui, pour le colonel Assimi Goïta, « témoigne d’une volonté manifeste du président de la Transition et du Premier ministre d’aller vers une violation de la charte de Transition ». Il a assuré que la transition poursuivra son cours normal et que les élections se tiendront courant 2022.


Arrivé dans l’après-midi du mardi à Bamako, l’émissaire de la Cedeao, Goodluck Jonathan, a entamé les négociations avec le vice-président et ses compagnons d’armes. Après la démission du président Bah N’Daw et de son Premier ministre, les négociations portent désormais sur leur libération et la formation d’un nouveau gouvernement. On se rappelle qu’il avait fallu moult tractations pour que les militaires acceptent de libérer l'ancien chef de l'Etat Ibrahim Boubacar Keïta et, sous la pression de la Cedeao, confié la direction de la Transition à Bah N'Daw qui a choisi Moctar Ouane comme Premier ministre.


Issa Dembélé
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Issa Dembelé

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