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Il a mis ses innombrables talents au service de son pays

Le Mémorial Modibo Keïta et le Musée national du Mali, conformément à leurs missions de pérennisation de la mémoire des grands hommes africains qui ont lutté pour la libération de notre continent, ont organisé, vendredi dernier, «le mémorial Seydou Badian Kouyaté», en hommage à ce grand écrivain et homme politique qui a «ouvert ses yeux sur le monde et ses mystères» le 10 avril 1928, avant de rendre son dernier souffle de vie le 28 décembre 2018. Cet homme de lettres dont les œuvres ont été longtemps enseignées dans nos écoles, mérite bien une place dans le Panthéon des grandes figures africaines de la lutte pour l’émancipation du continent africain et le rayonnement de sa culture.

Lui rendre hommage, il fallait surtout y penser et le faire sous le parrainage de sa famille biologique, en partenariat avec les instituts inscrivant leurs actions dans la même veine, à l’occasion de la commémoration de la date anniversaire de la naissance de l’illustre homme politique et de culture. Il s’agissait à travers ce devoir de souvenir, de rechercher des repères pour les jeunes afin qu’ils sachent à quoi s’en tenir, en termes de valeurs culturelles, morales, sociales et politiques. Seydou Badian Kouyaté a été un modèle parmi d’autres qui ont tout dédié au Mali, partagé leurs expériences avec les jeunes.On doit, notamment pour ce qui concerne la jeunesse, vraiment prendre graine de ces modèles dont les trajectoires de vie constituent des exemples à bien des égards.

La cérémonie était présidée par le ministre de la Refondation de l’état, chargé des Relations avec les institutions, Mamadou Mohamed Coulibaly, en présence de son collègue de la Communication et de l’économie numérique, Hamadoun Touré et de l’ancien ministre de la Culture, Diadié Yacouba Dagnoko. On notait aussi la présence du directeur général du Mémorial Modibo Keita, Moussa Traoré, du représentant de la famille de Seydou Badian Kouyaté, Dr Yacine Seydou Badian Kouyaté et de nombreux invités.

Au menu de la commémoration, il y avait une causérie-débat pour revisiter le passé et comprendre le Mali d’aujourd’hui et la nécessité de s’inscrire dans une dynamique de refondation de l’état. Deux professeurs de la Faculté des lettres et des sciences de la langue (FLSL) à savoir : Dr Ousmane Sangho et Dr Modibo Diarra et une chercheure, Mme Tall Tamari ont animé la causerie sur les œuvres du brillant écrivain. Deux autres tirés des œuvres de Seydou Badian Kouyaté sur la corruption et la responsabilisation de la jeunesse en termes de relève ont été produits. Comme l’auteur lui-même aimait le dire : «On a délaissé la jeunesse dans un chaos terrible qui fait que l’avenir devient ténébreux».

Le directeur général du Mémorial Modibo Keita a souligné que Seydou Badian Kouyaté a mis ses innombrables talents au service de son pays. «Mais quel autre choix aurait été mieux indiqué que cette maison qui a pour mission d’honorer la mémoire du père de l’accession de notre pays à la souveraineté nationale et à travers lui, les Maliens et les Africains, qui ont aussi accompli leur devoir de génération». Il a ajouté que Seydou Badian a été un fidèle parmi les fidèles de l’ancien président de la République, Modibo Keita. L’homme fut entre 1960 et 1968, conseiller, ministre, confident, homme de missions difficiles, tout simplement un repère pour la jeunesse.

Le ministre Mamadou Mohamed Coulibaly dira être de ceux qui pensent que notre pays n’a pas toujours reconnu à leur justice valeur le sacrifice, le don de soi de ses filles et fils, les plus méritants.«Malheureusement, c’est ce qui arrive lorsque la décision revient le plus souvent à des médiocres. Sans doute des parvenus ayant moins le souci d’élever les valeurs, incapables de saluer le mérite, le vrai comme il se doit», a-t-il relevé. Il a aussi fait savoir que l’État doit faire mieux que les hommages à titre posthume, avant de s’accorder avec d’autres sur les qualités de l’homme de culture.

Seydou Badian Kouyaté est l’auteur de plusieurs œuvres : «Sous l’orage», «Le sang des masques», «Noces sacrées» et «La saison des pièges». Il est aussi l’auteur des paroles de l’Hymne national du Mali.

Siné S. TRAORÉ

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Siné S. Traoré

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