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L’humidité est insuffisante pour démarrer convenablement les travaux champêtres

Les travaux champêtres ont débuté dans la partie appelée zone pré-guinéenne. Par contre, les producteurs de la bande sahélienne scrutent encore le ciel

Les populations de la Cité des rails se sont réveillées dans la matinée de ce jeudi 1er juillet 2021, en découvrant un ciel totalement couvert de nuages. Dès l’aube, des nuages avaient commencé à se former, avant que le vent ne commence à souffler sans soulever de poussière comme c’est le cas à l’approche de l’hivernage. Mais, les conducteurs étaient obligés d’allumer les phares de leurs engins (voitures, motos et tricycles) pour mieux circuler sur la route nationale 21 qui relie le quartier de Kayes N’Di et la Commune rurale de Khouloum, au centre ville de Kayes et pour pallier tout risque d’accident.

Peu après six heures, la ville et certaines de ses banlieues ont été arrosées par la pluie, accompagnée d’un grand vent pendant près de quatre heures d’horloge. Ces grosses pluies, première du genre depuis mi-octobre 2020, sont tombées à la grande satisfaction des producteurs qui peuvent entamer les travaux champêtres. Les quelques gouttes de pluie qui s’étaient abattues en juin dernier sur la capitale de la 1ère Région administrative du pays, n’étaient pas suffisantes pour le démarrage des cultures. Même si ces précipitions ont permis aux herbes de pousser dans certains endroits de la ville et environnants.

Pour en savoir plus sur le début de la campagne agricole 2021, notre équipe de reportage s’était rendue le 19 juin dernier à Kouroukoula, dans la Commune rurale de Kolimbiné, pour rencontrer le producteur Lakama Sima. Cet ancien migrant cultive du maïs sur une superficie de 7 ha et produit de la banane sur un périmètre maraîcher de 4 ha situé au bord du marigot «Le Kolimbiné». « Nous sommes au stade des préparatifs. L’hivernage n’a pas commencé. Notre village n’a enregistré que deux pluies, dont les quantités sont évaluées à 20 mm. L’an passé, nous avons recueilli 949 mm de pluies», révèle Lakama Sima.

L’ABSENCE DE MAIN D’ŒUVRE- Par ailleurs, il relève un problème qui est en passe de devenir récurrent à savoir l’absence de main d’œuvre dans sa zone. «Trouver la main d’œuvre permanemmente est un souci pour nous. Tous ceux qui viennent travailler, y restent pour un ou deux mois, juste pour gagner de l’argent qui leur permet de se rendre dans les zones d’orpaillage», affirme cet interlocuteur.

La situation est pareille à Somakidi-Koura, un quartier de Somakidi, fondé vers 1975 par quelques émigrés africains, dont des Maliens, des Sénégalais, des Voltaïques (actuellement Burkinabés), des Guinéens. Le fleuve Sénégal sépare ce village de celui de Samé-Plantation, à plus d’une quinzaine de kilomètres de Kayes.

Ces migrants de retour au pays se sont installés dans les années 70 dans notre pays. 60 hectares de terres ont été mis à leur disposition. Ils avaient suivi quelques formations en agriculture, maraîchage et élevage d’animaux dans le but de contribuer au développement du pays qui a été frappé par la grande sécheresse de 1970-1971.

«Les prévisionnistes prédisent un bon hivernage, avec des poches de sécheresse. Depuis 30 ans, j’ai constaté que tout hivernage qui débute au mois de juin dans cette zone, n’a pas été prometteur. Notre période idéale pour les cultures va du 1er au 20 juillet. Toute saison de pluie qui s’annonce avant cette date sera perturbée», confie Ciré Soumaré, un migrant de retour à Somakidi-Koura.

Contrairement à la partie sahélienne de cette région agro-pastorale par excellence, les autres cercles (Bafoulabé, Kéniéba et Kita) sont en pleine campagne agricole. Dans ces localités situées au sud du Cercle de Kayes, l’heure est au labour et aux semis (maïs, arachide, mil, fonio, riz), depuis le mois de mai. Déjà, les tracteurs étaient visibles à Kassama durant la première semaine de juin. Actuellement, beaucoup de familles de ce village font de plus en plus recours à ces engins pour labourer leurs champs. Afin, selon eux, d’être dans les délais prévus pour les semailles ou gagner du temps.

«Notre zone est différente des autres localités de la région. C’est à Kita, Kéniéba et Bafoulabé que la campagne agricole a commencé. Par contre, à Kayes, Yélimané, Diéma et ses environs, l’hivernage ne débutera que vers la fin du mois de juin ou probablement de juillet. C’est vers mi-juillet, que les Kayésiens commencent à semer. On craint également l’arrêt précoce des pluies. Souvent, les pluies cessent de tomber avant fin octobre, ce qui constitue une menace pour les derniers semis», explique Diakaridia Traoré de la direction régionale de l’agriculture de Kayes. D’après lui, l’insuffisance de la pluviométrie occasionne des pertes en termes de productions céréalières. De ce fait, les producteurs misent sur des engrais et autres intrants agricoles de qualité pour booster leur production.

Bandé Moussa SISSOKO
Amap-Kayes

autho

Bandé Moussa Sissoko

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