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Certaines femmes utilisent des médicaments permettant d’avoir des rondeurs à des fins de séduction. Malheureusement, ces produits sont néfastes pour la santé

Dans un marché de Bamako l’ambiance est au beau fixe. Sous le soleil ardent, marchands et clientes se faufilent entre les étals garnis de toutes sortes de produits qui rehaussent l’éclat de la beauté féminine. «Bobaraba», «vitago», «dynewell», «magamaba» sont des médicaments « esthétiques » qui raffermiraient certaines parties du corps de la femme. Chaque jour, l’étal d’Abdou est assailli par une meute d’élégantes de toutes catégories (jeunes filles, femmes mariées). Le vendeur est heureux et ses propos le prouvent. « Les femmes utilisent ces produits pour séduire leurs époux ou leurs copains.

Dès qu’elles les utilisent, elles se sentent «plus femme». Vendus sous forme de crème, de sirop ou de comprimé, ces produits transforment la morphologie de la femme (poitrine et fesse) en les rendant généreuse. C’est pourquoi, sans coup férir, les femmes les raflent. » Ces médicaments produiraient des effets « magiques » qui subjuguent les partenaires.

Les produits se vendent à merveille. L’unité coûte entre 1.000 et 4.000 Fcfa. Sur chaque boîte, s’affiche l’image d’une femme ronde. Certaines femmes se cachent pour les acheter et les glissent dans leurs sacs. D’autres les emballent dans un sachet noir pour être sûres de ne pas se faire remarquer par les voisines.

Pour arborer leurs courbes, les Maliennes n’ont pas toutes recours à la chirurgie esthétique et aux injections de graisse. L’élégante Fatou Diallo est convaincue que « Bobaraba » ou grosse fesse fait le bonheur des épouses. Moins cher et plus accessible, ce produit ne coûte que 1.000 Fcfa et il se présente sous forme de crème de différentes couleurs qu’elle applique sur les seins, les fesses, les hanches. «Et ça fonctionne bien», dit-elle. Cette épouse, aujourd’hui bien dans sa peau, précise qu’elle se méfie d’utiliser des sirops et des comprimés.

La plupart de ces produits proviennent de la Côte d’Ivoire et du Ghana, selon la commerçante Maïmouna Diarra. Les produits les plus vendus sont «bobaraba émergeant» et «bobaraba sirop», car leurs effets sont immédiats, ajoute t-elle.
L’ancienne consommatrice de ces produits, Kadiatou Doumbia, est âgée aujourd’hui de 40 ans. Elle était venue faire des courses au grand marché. Elle nous a fait cet aveu : «J’ai une fois utilisé ces produits, quand j’étais plus jeune.

Mais à ma grande surprise mes fesses n’ont pas augmenté de volume. Ce qui était mon désir. Je me suis retrouvée avec le visage gonflé. Depuis, je déconseille à toutes les femmes l’utilisation de ces produits. Toute personne doit rester naturelle».

à quelques mètres d’elle, Oumou Sow, accompagnée de son amie. Elle réagit après le récit de la quadragénaire. « Les femmes qui utilisent ces produits ne sont pas mûres et jouent avec leur santé. Au moins avant d’utiliser un produit, elles doivent avoir l’avis d’un médecin. Et si elles veulent faire grossir certaines parties de leurs corps, il y’a la chirurgie esthétique», explique Oumou Sow.

La restauratrice Fatoumata Traoré de Bamako Coura Bolibana avoue avoir fait un usage démesuré des produits qui font grossir. Elle avait opté pour cette solution pour sortir son époux des griffes d’une maîtresse audacieuse de son mari et sauver son couple. « J’étais en train de perdre mon conjoint. Il fallait faire quelque chose pour le garder. C’est dans ce cadre qu’on m’a conseillée de chercher des produits qui peuvent me rendre plus belle.

Cela a marché même si je ressens des brûlures sur le corps », indique notre interlocutrice. Elle commence à souffrir des conséquences de ces produits. Depuis 5 ans, elle attend d’avoir un bébé. Sa dernière maternité remonte à plus de 7 ans. Fatoumata continue de souffrir et ne veut plus revivre cette expérience. La frustration de la restauratrice est énorme, car elle soigne en ce moment des brûlures à l’hôpital.

Baya Traoré

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Baya Traoré

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