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Suite à son congrès d’avril 2019, le Haut conseil islamique du Mali (HCIM) a mis en place une commission nationale de réconciliation qui s’emploie à ramener la paix dans les Régions de Mopti et Ségou. Elle intervient, en outre, dans la quête de réponses aux conflits sociaux (problème de l’esclavage) dans la Région de Kayes, et s’implique volontiers pour apaiser le front social, chaque fois que celui-ci entre en ébullition.

Les leaders religieux ont ainsi «joué un rôle prépondérant dans la recherche de la stabilité, la cohésion sociale et la paix», se félicite la faîtière des associations musulmanes dans le communiqué ayant sanctionné son atelier national.
Cette rencontre, véritable cadre «d’échanges sur la situation sociopolitique et religieuse du Mali», avait permis à ses 300 participants (membres des organes nationaux et régionaux du HCIM) d’approfondir le débat sur le rôle des religieux dans la stabilisation du pays.

Face à la dégradation de la situation sécuritaire dans les Régions de Mopti et de Ségou, et ce, malgré l’important appui de la communauté internationale, le HCIM a décidé de s’investir en appui aux efforts des autorités. Lesquels efforts ont permis de lever l’embargo imposé à certains villages par les groupes terroristes. Selon le communiqué, le «point d’orgue a été le règlement de la crise dans la Région de Ségou (Niono et Farabougou), où le Haut conseil islamique a réussi l’exploit d’établir une trêve entre les belligérants (djihadistes et dozos) par l’application d’un accord entre les parties».

La commission de réconciliation du HCIM a aussi mené des actions de prévention et de gestion des conflits intercommunautaires. Les leaders religieux entendent poursuivre ses missions de médiation et de réconciliation à Mopti, Bandiagara dans les conflits inter-ethniques (entre peulhs et dogons) et dans la Région de Kayes pour des conflits intra-ethniques, spécifiquement les problèmes liés à l’esclavage.

Pour plus d’efficacité dans son action de médiation, de réconciliation et de consolidation de la paix, le Haut conseil attend un appui substantiel de l’État. Les participants ont, par ailleurs, salué l’implication du HCIM dans la résolution de la problématique de l’article 39. Son implication a aussi permis de maintenir le dialogue entre le gouvernement et l’Union nationale des travailleurs du Mali (Untm) qui ont finalement trouvé un terrain d’entente.

L’atelier national a aussi abordé certaines préoccupations de la communauté musulmane et identifié celles considérées comme urgentes, et pour lesquelles un début de résolution, au moins, peut s’inscrire dans cette période de Transition. Au nombre de ces préoccupations, il y a la question du statut des leaders religieux. Ils doivent, selon le HCIM, avoir un badge spécial, des documents spécifiques de voyage, des macarons ou autres signes distinctifs, une protection, voire une indemnité d’exercice.

Les participants ont insisté sur l’urgence d’apporter des réponses à certains besoins sociaux de la communauté musulmane, à commencer par la problématique du mariage religieux qui n’a pas encore d’effet juridique, faute d’application effective du décret n° 2018-0502/P-RM du 13 juin 2018 déterminant le modèle de l’imprimé type de mariage célébré.

En l’absence de cet imprimé-type devant être mis par le ministre en charge de l’état civil à la disposition des lieux de culte, les mariages sont célébrés avec l’imprimé fourni par la Ligue malienne des musulmans et érudits du Mali (Limama). Or, seul l’imprimé-type, qui comporte le cachet et la signature des autorités chargées du culte et de l’état civil, peut, en principe, engager l’État.

En plus, l’atelier national a recommandé l’intégration des écoles coraniques dans le système éducatif national et la création d’une agence nationale pour leur gestion.



Issa DEMBÉLÉ

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Issa Dembelé

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