single

La création dans de nombreux services publics et privés d’une cellule genre démontre la pertinence de la vision des autorités nationales. Les responsables de cette cellule travaillent pour rehausser, et surtout faire connaître le genre. Cette tâche est dévolue à Aminata Yacouba Touré à l’Office du Niger. Affectueusement appelée Anna, notre interlocutrice se bat pour obtenir et apporter des appuis aux zones sous son contrôle dans le cadre de la mise en œuvre des activités « genre et développement ». Elle organise des sessions de formation « genre et développement » et en technique à l’intention des animatrices. Cette sociologue de formation coordonne les études, les recherches et les ateliers de réflexion sur la problématique « genre et développement ».

Très disponible, Anna travaille en harmonie avec les responsables « Promotion des organisations paysannes » (POP) sur le genre, dans les zones de production. Même si elle est passionnée par ce qu’elle fait, la battante Anna se plaint de la non application de la loi 052 du 18 décembre 2015 instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l'accès aux fonctions nominatives et électives. Elle déplore également le difficile accès des femmes productrices aux instances de prises de décisions des organisations paysannes. Elle souhaite ardemment l’attribution des 15% des terres aménagées, comme promis, aux femmes et aux jeunes.
Que faire pour surmonter ces contraintes ?

La meilleure arme est de communiquer pour mieux faire comprendre le concept genre. Ce n’est pas tout. Les organisations dédiées à la promotion de la femme doivent axer leur sensibilisation à l’endroit des responsables dans nos services. Pour elle, l’approche genre promeut l’égalité des droits, ainsi que le partage équitable des ressources et responsabilités entre les femmes et les hommes. Ce n’est pas tout ! L’approche genre promeut des droits formels et réels égaux pour les femmes et les hommes.

Elle facilite l’amélioration de l’accès aux espaces d’expression, au capital humain incorporé (santé, éducation) et aux facteurs de production. L’approche genre comprend aussi la prévention et la répression des violences fondées sur le sexe, un partage équitable des ressources et des responsabilités, ainsi qu’un développement humain plus complet et durable pour tous et toutes. L’Office du Niger s’assure que le genre est pris en compte dans tous les programmes de travail. Le processus d’autonomisation et de raffermissement des pouvoirs est au cœur de l’approche genre. Anna Touré sait que l’inégalité entre les genres peut être un obstacle important à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté. évoquant les prochaines étapes, Anna indique qu’elle se focalisera sur la sensibilisation/information, et la formation sur le concept genre en zone Office du Niger.

Quotidiennement en contact avec les femmes leaders paysannes, Anna compte sur cette proximité pour mieux les sensibiliser. Elles auront ainsi accès aux instances de prise de décisions des OP (comités paritaires gestion eau et terre, délégué de zone pourquoi pas délégué général). Les compétences ne manquent pas. Les femmes de l’Office du Niger doivent se battre pour une plus grande représentativité dans cette organisation. La visionnaire Anna est convaincue que cette clé ouvre la porte aux solutions définitives pour la prise en compte entière du genre dans les organisations paysannes.

La militante de la justice entre les hommes et les femmes lance un appel pour que l’application de la loi 052 soit visible partout dans l’Office du Niger. Cette gigantesque infrastructure de développement rural doit aussi faciliter l’accès des femmes productrices aux instances de prise de décisions, conformément à loi votée par notre pays en 2007.



Mariam A. Traoré
Amap-Ségou

autho

Mariam A. Traoré

ARTICLES CONNEXES

VOIR TOUT

TWITTER