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Depuis 2019, Lassana N’Diaye n’a plus enfilé le maillot des Aigles


Dans cette interview, l’ancien joueur du FC Guidars aborde plusieurs sujets : son transfert en Russie, ses ambitions pour son nouveau club et la sélection nationale, les relations qu’il entretient avec son centre formateur.


L’Essor : Vous venez d’être prêté au FK Tekstilchtchik, en deuxième division russe par le CSKA Moscow. Peut-on savoir pourquoi ?


Lassana N’Diaye : Quand je suis arrivé au CSKA Moscou en 2018, j’ai eu des problèmes d’adaptation, il faisait très froid et mes débuts ont été très compliqués. Il y a eu aussi un problème de langue parce que je ne parlais pas russe. S’est ajouté à tout cela le temps de jeu qui était très faible. J’en ai parlé avec ma famille et mon agent. Ensuite, j’ai discuté de la question avec les dirigeants et exprimé mon désir de changer d’air. Ils n’ont posé aucun problème et c’est ainsi que j’ai été prêté. Je rappelle que je suis toujours un joueur du CSK Moscou et je ferai tout pour honorer mes engagements avec l’équipe.


L’Essor : Mais avant le FK Tekstilchtchik, vous aviez été prêté à AFC Eskilstuna en D2 suédoise et au FK Veles Moscou en D2 russe. Ya-t-il une explication ?


Lassana N’Diaye : C’est toujours pour avoir du temps de jeu, parce que pour un jeune comme moi qui est au début de sa carrière, c’est important de jouer. Quand on est sur le banc et qu’on y reste longtemps, les gens vous oublient vite. Je veux simplement jouer, c’est pourquoi dès mon arrivée ici, j’ai parlé avec les dirigeants de FK Tekstilchtchik. Je leur ai clairement dit que je veux jouer et ils m’ont promis une place de titulaire. Je ne suis pas au FK Tekstilchtchik pour me reposer, mais pour jouer. Pour moi, peu importe le statut de l’équipe, l’essentiel, c’est le temps de jeu et j’espère en avoir ici.


L’Essor : Comment avez-vous été accueilli par vos nouveaux coéquipiers de FK Tekstilchtchik et les dirigeants du club ?

Lassana N’Diaye : J’ai été très bien accueilli par mes nouveaux coéquipiers, les dirigeants et également les supporters du club. Pour le moment, tout se passe bien pour moi, le petit bémol est que tout le monde parle russe, sauf moi. Dieu merci, j’ai trouvé un pote qui joue dans la même équipe que moi, qui est aux petits soins avec moi. Il m’aide à faire mes courses et même quand le coach m’explique des choses, c’est lui mon traducteur. Il est tout pour moi, nous sommes tout le temps ensemble et nous sommes devenus des inséparables. Chaque jour, après les entraînements, il devient mon professeur de russe et maintenant, je comprends quelques phrases.


L’Essor : Vous avez fait votre première apparition avec votre nouvelle équipe samedi dernier pour une large victoire 3-1 contre Olimp-Dolgoprudny. Quelle a été la réaction de votre entraîneur, Sergueï Pavlov et de vos coéquipiers ?


Lassana N’Diaye : L’entraîneur Sergueï Pavlov était très content de la large victoire contre Olimp-Dolgoprudny. à la fin du match, il m’a félicité avant de me prodiguer des conseils. Il m’a dit de toujours donner le meilleur de moi-même et surtout de jouer collectif. Les propos du coach m’ont fait chaud au cœur, ça fait toujours plaisir d’entendre un entraîneur rendre hommage à son joueur et lui donner des conseils. Pour un début, je pense que c’est très encourageant, mais je dois encore travailler pour améliorer mon niveau de jeu.


L’Essor : Après 10 journées de championnat, le FK Tekstilchtchik occupe le 17è rang sur 20 clubs. Quel est l’objectif du club cette année ?


Lassana N’Diaye : L’objectif principal du club est la montée en première division. Je pense que nous sommes sur le bon chemin, même si notre classement ne me rassure pas. Dans le sport, il faut toujours être optimiste et ne rien lâcher. Nous sommes dans toutes les bonnes conditions pour offrir cette montée aux dirigeants et aux supporters et si Dieu nous aide, nous allons le réaliser.


L’Essor : Parlons de l’équipe nationale senior, les Aigles. En 2019 avant le sacre du Mali à la CAN U20, vous avez été convoqué pour la première fois par le sélectionneur national Mohamed Magassouba. Mais par la suite, on ne vous a plus vu en sélection. Que s’est-il passé et quelles sont vos ambitions pour les Aigles ?


Lassana N’Diaye : Mon absence en équipe nationale s’explique simplement par le fait que je n’ai pas beaucoup de temps de jeu en club. Sinon, je n’ai aucun problème avec qui que ce soit. L’entraîneur Mohamed Magassouba me connaît bien, il adore le football des jeunes et son groupe est majoritairement composé de jeunes joueurs. Je sais qu’il me suit de près, mais je ne suis le seul joueur à être dans son viseur. Le football malien regorge aujourd’hui de jeunes talents et les places sont chères en équipe nationale.


Mon ambition est de revenir le plus vite possible en sélection aux côtés de mes frères et participer à la phase finale de la prochaine CAN au Cameroun et aux éliminatoires de la Coupe du monde, Qatar 2022.


L’Essor : La génération actuelle des Aigles est considérée comme l’une des plus talentueuses que notre pays ait connue. Selon vous, quels sont les atouts de cette équipe ? A-t-elle les moyens de se qualifier pour la Coupe du monde, Qatar 2022 ?


Lassana N’Diaye : Les atouts de cette équipe sont la solidarité et la communication. Les joueurs sont solidaires sur le terrain, ils se parlent beaucoup et évoluent, pour la plupart dans de grands clubs européens. Sans chauvinisme et sans minimiser la valeur des autres équipes, je pense que le Mali a toutes les cartes en main pour se qualifier cette année pour le Mondial.


L’Essor : Lors des deux premières journées des éliminatoires du Mondial, les Aigles ont battu le Rwanda 1-0, avant de concéder le nul 0-0 contre l’Ouganda. Quels commentaires vous inspirent ces deux résultats ?


Lassana N’Diaye : Je suis confiant pour la suite des événements, pour moi ce n’est pas mal parce que nous sommes premiers de notre poule. Pour moi, il n’ya aucun doute sur la qualification du Mali pour le deuxième tour. En revanche, j’ai un peu peur pour les barrages parce qu’on risque de tomber sur un adversaire très costaud. Je rêve de voir mon pays participer à la phase finale du Mondial comme l’ont déjà fait des nations comme le Sénégal, le Togo, le Ghana, l’égypte, la Tunisie, le Maroc, le Nigeria, l’Algérie, l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, etc. Je souhaite bonne chance au Mali et j’invite les Maliens à prier pour cette équipe.


L’Essor : Presque tout le monde déplore aujourd’hui le manque d’efficacité de l’attaque de la sélection nationale. Que faut-il faire pour résoudre ce problème ?


Lassana N’Diaye : Je pense que le sélectionneur national, Mohamed Magassouba est le mieux placé pour répondre à cette question. En tant que joueur, je ne peux rien dire par rapport à ça.


L’Essor : Quelles sont vos relations avec votre club formateur, le FC Guidars ? Que pensez-vous de la décision du club de ne pas participer au tournoi de montée, alors qu’il a été sacré champion de la Ligue de football du District de Bamako ?


Lassana N’Diaye : J’ai de très bonnes relations avec le FC Guidars. C’est mon club formateur, c’est grâce à ce centre que je suis devenu ce que je suis aujourd’hui. Je parle tout le temps avec les dirigeants du club, le staff technique et certains de mes anciens coéquipiers. Parlant de la décision du club de renoncer au tournoi de montée en première division, elle m’a beaucoup étonné.


J’ai appris la nouvelle à travers internet et je n’ai pas cherché à en savoir plus parce que je ne suis plus un joueur du club. Pour ce qui me concerne, le FC Guidars restera toujours mon club de cœur et pourra toujours compter sur mon soutien et mon accompagnement. Avant de terminer et avec votre permission, j’aimerais faire un coucou à toute ma famille. Que Dieu bénisse notre pays, Amine !


Interview réalisée par

Djènèba BAGAYOKO
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Djènèba Bagayoko

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