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Les membres de l’UNTM lors d’une conférence de presse (archives)

Les négociations vont reprendre le jeudi prochain avec à la clé des accords qui pourraient satisfaire toutes les parties

Le gouvernement et l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) se sont retrouvés autour de la table, le jeudi dernier, pour poursuivre les négociations qui ont été de nouveau suspendues. Mais d’après une source proche du dossier, les discussions vont reprendre le jeudi 7 janvier prochain, car les parties ont la volonté de parvenir rapidement à un accord qui satisfait tout le monde.


En effet, précise la même source, le gouvernement est d’accord avec l’harmonisation des grilles indiciaires dès ce mois de janvier. C’est un point important dans les revendications de l’UNTM qui en fait une question de justice sociale. À ce propos, le secrétaire général de la centrale syndicale, Yacouba Katilé, ne cesse de répéter ceci : «rien ne justifie les écarts actuels dans les traitements des agents de l’État». Il faut rappeler aussi que la plus grande centrale du pays tient fermement à l’harmonisation des primes et indemnités. Cette doléance pourrait être le point d’achoppement des prochaines négociations.

Les autres revendications plus ou moins importantes de l’UNTM portent sur le règlement des droits des travailleurs compressés, la relance du chemin de fer, la relecture de la loi portant création de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite, le recrutement d’au moins 20.000 jeunes diplômés dans la Fonction publique en janvier 2021. À ces points, il faut ajouter l’intégration dans les fonctions publiques de tous les enseignants des écoles communautaires, la transposition dans le secteur privé des augmentations de salaires obtenues en 2014 et 2019, la mise en œuvre immédiate des passerelles entre les deux fonctions publiques, la suppression immédiate des activités des bureaux de placement privés, le recentrage des mesures de fonctionnement de la Transition en vue d’en corriger les anomalies et insuffisances dès la 2è quinzaine de décembre 2020 et l’indemnisation des travailleurs victimes de la crise depuis 2012.


Le secrétaire général Yacouba Katilé et ses camarades sont dans la logique de maintenir la pression, laissant même planer la menace d’une grève illimitée. L’option d’un nouveau débrayage avait été d’ailleurs évoquée lors d’une réunion de son bureau exécutif, au sein duquel certains leaders doutaient de la sincérité de la partie gouvernementale chaque fois qu’il était question de reprendre les négociations après un mouvement de grève de l’UNTM. Lors de son adresse à l’occasion du nouvel an, le chef de l’État, Bah N’Daw, a rappelé que les revendications syndicales sont un droit en démocratie que nul ne saurait contester. Cependant, compte tenu de la conjoncture actuelle, il a appelé à l’esprit patriotique des syndicats. Le président de la Transition a révélé que «le coût des revendications formulées représente plus de la moitié du budget national, et se chiffrerait selon nos services techniques à 1.488 milliards de nos francs». Pour le président Bah N’Daw, «tout le problème est là !».



L’idée d’une conférence sociale a été émise depuis fin 2019 pour mieux harmoniser et rationnaliser les statuts des travailleurs. «Je demeure convaincu de la pertinence d’un tel forum. Parce que chacun d’entre nous peut et doit mettre le Mali en avant. Parce qu’il s’agit de relever ce pays qui n’est pas au mieux de sa forme. Il s’agit ensemble de nous donner la main pour reconstruire ce pays qui a fait la fierté du monde jadis», a-t-il exhorté.
Il reste à savoir si ce message sera entendu par l’UNTM. Après les nombreuses grèves qui ont émaillé 2020, les Maliens souhaitent que 2021 soit une année d’apaisement et de paix sociale.


Issa DEMBÉLÉ

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Issa Dembelé

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