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L’ancien chef d'État du Burundi était plus qu’un diplomate pour le Mali. Pierre Buyoya est décédé des suites du Covid-19, dans la nuit jeudi à vendredi, au cours de son évacuation de Bamako, où il était hospitalisé depuis une semaine, pour Paris en France, a déclaré une source proche de la famille sous l'anonymat à l'AFP. La radio RFI confirme son décès quelques instants plus tard et précise qu’il a été emporté par le coronavirus.


La réaction du président malien Bah N’Daw ne s’est pas fait attendre. "C’est avec consternation que j’ai appris ce jour, le décès du Président Pierre Buyoya après huit ans passés au Mali pour œuvrer à la paix et à la stabilisation de notre pays. Nos compatriotes, nos partenaires garderont de Pierre Buyoya le souvenir d’un avocat passionné de la cause malienne et sahélienne. Affable et expérimenté, il se sera investi sans calculer pour la préservation de l’intégrité territoriale et de la souveraineté du Mali tout en plaidant de manière constante et pédagogique pour la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation » a témoigné le chef de l’Etat.


« En mon nom personnel et au nom du peuple malien, j’adresse mes condoléances les plus émues à la veuve du défunt, à sa famille, à ses nombreux amis, collègues et partenaires. Celui que nous pleurons aujourd’hui fut un grand Burundais, un grand Africain, un grand Sahélien et enfin un grand Malien, notre compatriote. Nous le regretterons » conclut-il dans un communiqué publié vendredi matin.


Pierre Buyoya avait dirigé le Burundi pendant plus de 10 ans. Il venait de démissionner en fin novembre de son poste de haut représentant de la mission de l'Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel (Misahel) qu'il occupait depuis 2012.


En octobre dernier, l'ancien président Buyoya avait été, en effet, condamné à la prison à perpétuité dans son pays pour l'assassinat en 1993 de son prédécesseur Melchior Ndadaye.


Il a déclaré décider de se départir de ses fonctions pour se consacrer à sa défense, clamant son innocence à qui veut l’entendre. Lors d’une conférence de presse à Bamako, il a dénoncé « un procès politique mené de manière scandaleuse ». Il tenait à « laver son honneur » en appel de sa condamnation. Il n’en aura pas le temps. Hélas, il fit une mauvaise rencontre avec la Covid-19.


Pierre Buyoya a pris le pouvoir au Burundi en 1987, à la suite d'un coup de force militaire contre Jean-Baptiste Bagaza. Il mènera une politique de « réconciliation nationale », qui mettre en place la Constitution de 1991 qui débouchera sur des élections libres et le parti de Pierre Buyoya, l’Union pour le progrès national (Uprona), concède la victoire au Front pour la démocratie au Burundi (Frodebu) de Melchior Ndadaye.


A. TRAORÉ

autho

Aboubacar Traoré

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