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Les travaux de la conférence de haut niveau pour «la mobilisation des compétences de la diaspora pour l’emploi» au Mali ont pris fin mardi. La cérémonie de clôture était coprésidée par le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, Alhamdou Ag Ilyene et son collègue de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mohamed Salia Touré. C’était en présence de la coordonnatrice humanitaire et coordonnatrice résidente du Système des Nations unies au Mali, Mbaranga Gasarabwe et des ambassadeurs accrédités au Mali.

Après deux jours d'intenses travaux, les participants ont formulé plusieurs recommandations. Pour favoriser la mobilité et le transfert des compétences de la diaspora (axe1), ils ont suggéré la réalisation de la typologie de la diaspora, d’initier des programmes de mise en relation de la Diaspora et des Maliens restés au pays.

Les participants ont prôné la création d’une plateforme de localisation des compétences de la Diaspora, l’initiation d’une semaine de la Diaspora et de s’inspirer des cas de réussite des Diaspora chinoise et rwandaise en matière de création d’entreprises.
Concernant l’axe 2 : «améliorer le climat des affaires et favoriser l’entrepreneuriat», ils ont préconisé l’adoption d’une loi pour faciliter le retour et l’investissement de la Diaspora, la création des conditions favorables pour le retour et l’installation des compétences (travailler sur le climat des affaires) et la mise en place d’une Banque d’investissement pour la diaspora.
Pour les réalisations de l’axe 3, «faciliter et accompagner l’intégration économique des bénéficiaires», les panélistes ont exhorté à la mise en place d’un programme de parrainage des jeunes, la création des conditions facilitant l’employabilité des jeunes à la fin de leur formation, des plateformes d’apprentissage, de mentorat et de management à distance.

Le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine a salué le caractère inclusif de cette initiative avec la participation de tous les acteurs concernés par les questions migratoires.
Pour Alhamdou Ag Ilyene, elle contribue à la mise en œuvre des priorités politiques en cours dans notre pays au niveau macroéconomique et du Pacte mondial pour les migrations.
«Ce programme ambitieux doit prendre en compte tous les paramètres de la migration en lien avec les problématiques de l'emploi. S'inscrire dans la consolidation des acquis du programme Tokten Mali, serait capital pour la réussite de cette initiative au regard des résultats concrets que le Tokten a atteint dans ses différentes phases tout en prenant en compte, évidemment, la question de la formation professionnelle des jeunes au Mali», a-t-il insisté.

Son collègue en charge de l’Emploi a fait le lien entre le chômage massif des jeunes, l’absence de perspectives, la migration et les crises. Selon Mohamed Salia Touré, la Banque africaine de développement (BAD) attire l'attention des dirigeants africains et européennes sur le fait que «263 millions de jeunes n'auront aucune participation économique au système de production d'ici 2025». Au Mali, 5 millions de jeunes, âgés de 15 à 35 ans, sont concernés pour près de 53% de la population active. Et parmi eux, entre 700.000 à 800.000 sont sans éducation, ni formation pour participer pleinement au développement économique et à la stabilisation, a rapporté le ministre Touré.

Une situation à laquelle il urge de trouver des réponses. «Ce phénomène de croissance démographique africaine, de migration et de sous-emploi des jeunes, s'ils ne sont pas appréhendés et maîtrisés, l'instabilité au Sahel va poursuivre son cycle infernal de désolation et de crise à répétition. Si nous y prenons garde, la croissance démographique africaine pourrait être fondamentale pour le développement économique et sa stabilité», a dit le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle.

Aminata Dindi SISSOKO

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Aminata Dindi Sissoko

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