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Après avoir atteint la barre de 125.000 Fcfa, le prix de la tonne du ciment connaît un fléchissement depuis quelques jours

La tonne est vendue entre 95.000 et 110.000 Fcfa, selon les endroits. Variation qui serait, sans doute, due aux écarts entre les prix au moment de l’achat du produit par les quincaillers auprès des vendeurs en gros et autres distributeurs agréés. Cette stabilisation progressive du prix du ciment s’explique par la reprise normale des activités de production au niveau de Diamond et l’acheminement de centaine de chargements en provenance de Dakar, explique la direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCCC). Qui, l’on s’en souvient, l’avait annoncée.
Cette analyse est partagée et confirmée par des vendeurs de ciment que nous avons rencontrés hier (mercredi). «Aujourd’hui avec la reprise des importations, le ciment est disponible dans les magasins et le prix a un peu chuté», soutient Karamoko Koné, gérant de la quincaillerie 2010 sis à Kalaban Coura. Celui qui vend exclusivement le ciment importé du Sénégal estime que la tonne pourrait être cédée à nouveau à 90.000 Fcfa, avec surtout la fin des grèves au Mali et au Sénégal.

Le promoteur de la «Quincaillerie de la Jeunesse», confirme également que la tonne est cédée entre la fourchette de 105.000 à 110.000 Fcfa. «Nous avons eu un entretien avec le ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissements. Les quincailleries, les usines de production, les grossistes, les transporteurs et la DGCCC ont pris part à cette rencontre. Qui, je l’avoue, a été très fructueuse», ajoute Lamine Traoré. Un communiqué publié sur la page Facebook de la DGCCC abonde dans le même sens. «Lors de sa rencontre avec les acteurs du secteur, le ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissements s’est engagé à poursuivre les efforts pour régler définitivement les difficultés auxquelles sont confrontés les unités en vue de leur permettre d’atteindre leur pleine capacité avant la fin de la période de transition», rapporte la structure en charge de la régulation du contrôle des prix des biens et services.En attendant, les prix sont encore loin des 90.000 Fcfa d’avant. Il appartient aux autorités en charge du commerce de faire appliquer les prix conformément aux promesses faites par les cimenteries au moment de leur implantation ou de l’inauguration des usines. «Nous espérons sur une baisse dans les jours à venir », ajoute la direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence. Qui précise que le prix du ciment n’est pas homologué au Mali.

L’AUTOSUFFISANCE- Toutefois, dans le cadre de leur convention d’établissement, les trois usines ont accepté de fixer leur prix carreau-usine à 87.000 Fcfa, c’est-à-dire sans remise et sans les frais d’approche. Ce prix carreau-usine est resté inchangé, cependant la remise qui permettait aux distributeurs de faire face à la concurrence du ciment importé a été supprimé durant la crise», analyse-t-elle. Avant d’assurer que la structure du prix carreau-usine sera révisée et un avenant à la convention d’établissement sera négocié afin de parvenir à la fixation d’un prix plancher et d’un prix plafond du ciment local.

Rappelons que le Mali poursuit sa longue, mais rassurante marche vers l’autosuffisance en ciment. En effet, le marché malien du ciment a enregistré une croissance de 5% en 2019, pour atteindre près de trois millions de tonnes. De 750.000 tonnes en 2018, l’industrie malienne du ciment a injecté sur le marché 1.135.000 tonnes en 2019, soit une croissance de 51% d’une année à l’autre. Les trois cimentiers sénégalais (Ciments du Sahel, Sococim et Dangote), principaux fournisseurs du marché malien, ont globalement vu leurs ventes chuter de 13%, passant de 1,9 million de tonnes en 2018 à 1,6 million de tonnes en 2019. à l’inverse, la production locale a porté sa part de marché à 41%, contre seulement 28% en 2018.

Trois sociétés de production sont présentes sur le marché national. La plus ancienne est Diamond Cement, avec deux sites de production à Gangotérie (Kayes) et à Dio (Koulikoro). Son capital est contrôlé à 90% par le groupe indien Wacem S.A, le gouvernement y étant présent à hauteur de 10%. Sa capacité de production pourrait atteindre un million de tonnes par an. Le deuxième producteur est le groupe marocain Ciments de l’Afrique (Cimaf), installé à Diago, pour une capacité de 500.000 tonnes de ciment par an, extensible à un million de tonnes. La dernière venue est Ciments et matériaux du Mali, filiale à 95% de Sococim, le leader sénégalais du ciment. Sa production a démarré en septembre dernier. Elle vise une production de un million de tonnes par an.

Avec la présence de ces trois industriels ayant fortement investi au cours des dernières années, le marché malien du ciment devrait sans nul doute atteindre l’autosuffisance dans les années à venir. Cela devrait permettre un approvisionnement régulier ainsi qu’une stabilité des prix fortement chahutée ces dernières semaines. En attendant, la mise en œuvre des mesures annoncées soulagera nos concitoyens. Surtout que chaque famille de Bamako veut avoir un toit propre.

Babba B. COULIBALY

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Babba B. Coulibaly

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