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Le consulat du Mali à Paris, saccagé par des ressortissants maliens, le 19 février 2021, rouvrira ses portes, dans deux semaines, a annoncé le président de la transition Bah N’Daw, mercredi, dans la capitale française où il a participé au Sommet sur le financement des économies africaines qui s’est tenu, mardi.

Au cours d’une rencontre avec la communauté malienne de France dont les représentants ont évoqué le sujet brûlant de l’obtention des documents administratifs, encore crucial, pour nos compatriotes, le président de la transition a indiqué avoir entendu la question. « J’ai aussi compris à quel point le problème vous pèse. Je ferai ma part du travail après m’être informé. Sans quoi, je mentirai en prenant des engagements », a promis le chef de l’Etat, faisant noter que la situation générale de notre pays « est de notre fait à nous tous, y compris moi-même».

Pour lui, nous avons oublié « un peu ce que nous sommes, l’honneur et la dignité de ce pays, d’où le lourd fardeau de nos difficultés actuelles et notre retard sur beaucoup d’autres pays ». « Que nous ont enseigné nos anciens ? Savoir d’ou nous venons est la meilleure des savoirs ». C’est pour cela, il a demande le retour sur certains principes piliers de notre culture dont le respect qui est le début de la connaissance de soi. Ce qu’il résume en : «Je ne dois pas dire cela, je ne dois pas faire cela, je ne dois pas être en ce lieu. Je fais ce que je dis parce si on attache le noble avec une corde, il peut la couper mais si on l’attache avec le fil de la confiance, il ne coupera jamais ».

Bah N’Daw a noté la bonne appréciation du service consulaire par les Maliens de France. « Dans vos propos j’ai relevé vos bonnes appréciations des services que vous rend le consulat, J’ajoute à cela les miennes pour dire que j’ai entendu, vu et compris. En votre nom, je félicite aussi nos services consulaires. Ils sont là pour vous. Et quand vous etes satisfaits de leur travail, ils auront rempli leurs rôles », a dit Bah N’Daw. « Nous sommes là pour le service de nos concitoyens, nous sommes là pour vous parce que s’il y a un chef, c’est parce qu’il y a des peuples. Nous agissons en direction de votre satisfaction », a-t-il ajouté.

Auparavant, le président N’Daw a rendu grâce à Dieu pour ces retrouvailles qu’il n’avait pas pu honorer lors de son précédent séjour en France et pour lequel il a réitéré ses excuses et demander encore une fois le pardon de nos compatriotes. « Ce n’est pas par manque d’égards pour vous mais chaque cours d’eau suit sa voie », a-t-il dit.

Le ministre conseiller, Abdallah Ag Hama, qui a introduit les échanges, a rappelé les revendications de nos compatriotes de France pour la suppression du NINA comme pièce du dossier pour l’obtention du passeport et la correction de erreurs sur le NINA.

Il a rappelé le saccage, en février 2021 du Consulat malien de Paris qui n’a pas empêché la délivrance de documents consulaires, notamment ceux urgents relatifs à l’évacuation de corps. « La mission diplomatique et la communauté malienne de France entretiennent une synergie qui alimente nos actions au service des usagers », a dit Ag Hama.

Selon lui, les pourparlers ont permis d’apaiser le climat social. Ce que confirment des maliens de France qui ne pensent que du bien du travail consulaire, A l’instar de Demba Diabira, qui s’est dit « heureux de pouvoir discuter en famille des problèmes de la communauté et de parler du Mali », avec le président de la transition.

« C’est vrai, au Mali dont la situation actuelle est difficile, tout est urgent. Malgré les difficultés, nous travaillons avec la Mission diplomatique dans un climat de dialogue non interrompu, notamment avec le Consul de Lyon », a dit M. Diabira.


Pour sa part, Sadio Diakité, a estimé que « la solution pour l’obtention de documents administratifs est une urgence à un problème très ancien », depuis la carte consulaire, et aggravé par la fermeture du consulat malien de Paris, le 19 février 2021. Une conséquence de cette situation douloureuse est le non renouvellement ou la non délivrance de titre de séjour pour beaucoup de Maliens.

Pour Idrissa Sylla, une session exceptionnelle de correction des fiches NINA pour les cas litigieux serait une solution à un problème dont le règlement est le souci commun de tous les Maliens. « Tous, nous avons le même souci parce que nous connaissons tous les conséquences de cette situation (pertes d’emplois, divorces, scolarisation des enfants…) », a ajouté Moussa Nomoko, représentant des associations musulmanes maliennes de France.

Pour lui, il faut faire preuve de dépassement en se mettant au-dessus des considérations personnelles et se confier à Dieu et au président de la transition.

D’ailleurs, Aly Sidibé, enseignant à l’Ecole de formation du Barreau de Paris, a fort utilement rappelé que le rapport d’une commission de réflexion sur les revendications de la communauté malienne concernant la question des documents administratifs a été envoyé aux différentes autorités (Ministres en charges des Maliens de l’Extérieur, de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Des Affaires étrangères et de la Coopération internationale). Il a insisté sur ce rapport et ses propositions élaborés dans le cadre de démarches menées à Bamako, « pour faire aboutir une solution pérenne et dont attend encore le retour ».

Par rapport aux questions de sécurité, nos compatriotes de France s’inquiètent de la propagation de la violence sur l’ensemble du Mali. « C’est une préoccupation majeure et une demande supplémentaire que l’insécurité concerne toutes les régions du pays’, a dit Modibo Guindo, s’adressant au président Bah N’Daw.

Le président a conseillé « une recomposition de la famille sociale à nos compatriotes là où ils se trouvent, en dehors du Mali, à l’union, la compassion et l’union » « Toutes nos difficultés sont passagères. Seule la puissance de Dieu est éternelle », at- dit, en guise de sagesse.


Moussa DIARRA
Envoyé spécial


autho

Moussa Diarra

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