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Le consortium Tuwindi, Amnesty international Mali et Free Press Unlimited veut contribuer à la réduction de l’impunité dont semblent bénéficier les auteurs de crimes économiques et de corruption au Mali. Cela grâce à l’usage de la technologie digitale et mobile dans le cadre de la veille citoyenne et du plaidoyer commun pour la redevabilité. Trois plateformes dont Kenekanko.com ont été développées dans ce sens. Celle-ci a été lancée hier à la faveur d’une conférence de presse dans un hôtel de la place.
«Kenekanko» est une plateforme d’alerte développée dans le cadre du projet Observatoire citoyen contre l’impunité et pour la redevabilité. Le projet Occipre s’inscrit dans le cadre de l’initiative «Promotion des droits de l’Homme, de l’État de droit et processus démocratique» de l’Union européenne. Il dure 30 mois.

Pour le directeur exécutif de Tuwindi, cette plateforme permet aux citoyens d’alerter en toute sécurité (dans l’anonymat) sur des faits de corruption et crimes économiques constatés dans leurs localités. Ces alertes remontées serviront, a précisé Tidiane Togola, de base à notre réseau de journalistes pour conduire des investigations ou des reportages sur les sujets évoqués. Ces éléments de presse pourront d’être exploités par les autorités concernées ou pour mener un plaidoyer auprès d’elles, a-t-il précisé. Les médias ayant accès aux données sont Mali Tribune, Énergie Fm, Sankorelabs, Kunafoni.com et Philiengora.

Ces organes, selon Tidiane Togola, ont été choisis parce qu’ils produisent non seulement des articles d’investigations mais aussi ils ont été jugés conformes par l’audit réalisé à cet effet. Ainsi, deux journalistes de chaque média ont été formés à l’utilisation de la plateforme et initiés au journalisme d’investigation.
Ce partenariat a beaucoup aidé Mali Tribune, a confirmé son directeur de publication. «En tant que bihebdomadaire, a indiqué Alexis Kalambry, notre journal ne peut pas se permettre de traiter l’information de la même manière que les quotidiens s’il veut rester compétitif».

La création d’une telle plateforme se justifie amplement. La corruption et les crimes économiques ont atteint des seuils inquiétants au Mali, impliquant souvent l’État et des services régaliens, selon la directrice exécutive de Amnesty international - Mali. «700 milliards de Fcfa ont été dépensés de manière irrégulière par les autorités maliennes au cours de la période de 2005 à 2017, selon une étude canadienne, soit plus de 4,4% des dépenses totales du gouvernement au cours de cette période. Le Mali est qualifié de très corrompu avec une tendance d’amélioration dans le classement 2018 de Transparency International.

Les domaines concernés, selon le rapport 2019 de Friedrich-Ebert, sont : la justice (55,4%), la police (49,9%), les autres services publics (32,3%), la douane (27,2%)», a soutenu Ramata Guissé.
Se disant conforté par les déclarations du président de la Transition en faveur des droits de l’Homme, l’ambassadeur de l’Union européenne au Mali a insisté sur la responsabilité des médias en matière de promotion de la bonne gouvernance, en dénonçant des faits de corruption. «Cette plateforme est une plus-value. Elle va permettre d’investiguer, renforcer la citoyenneté de la presse malienne», a souligné Bart Ouvry, précisant que les Maliens comptent sur les médias qui sont des «acteurs essentiels en matière de lutte contre la corruption».

Le projet Occipre est financé par l’Union européenne (UE) pour une durée de 30 mois à compter du 1er janvier 2020. Il entre dans le cadre de l’instrument européen pour la démocratie et des droits de l’Homme (IEDDH). Il vise à soutenir directement les organisations de la société civile dans le développement et la consolidation de la démocratie et de l’État de droit au Mali.


Cheick M. TRAORÉ

autho

Cheick Moctar Traoré

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