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L’orpaillage au Mali : quels rôles et responsabilités des collectivités territoriales dans la protection de l’environnement ? Tel était le thème du 10è anniversaire du Haut conseil des collectivités (HCC) tenu le 5 avril dernier à Kangaba. Il s’agissait pour les membres de l’institution d’échanger et sensibiliser sur comment concilier l’orpaillage avec le bien-être des populations et la protection de notre environnement au bénéfice des futures générations.

En effet, les journées commémoratives du HCC ont cela de particulier qu’elles permettent d’échanger sur des sujets d’actualité, intéressant la vie des collectivités de façon générale et la promotion de la décentralisation en particulier. L’atelier de cette année s’inscrit dans ce sens. L’orpaillage fait vivre des millions de personnes avec une production de plusieurs tonnes d’or par an. Il est pratiqué sur des terres qui ne sont généralement pas immatriculées et qui sont coutumièrement détenues par les communautés.

Ces terres peuvent faire ainsi partie du patrimoine foncier d’une famille ou du terroir villageois contrôlé soit par le chef de village, soit par le chef des terres. Ce qui revient à dire que l’ouverture des sites d’orpaillage n’obéit pas toujours aux règles fixées par la législation minière.

C’est dans ce contexte qu’évoluent les principaux acteurs de l’exploitation artisanale que sont les Damantigui (propriétaire du site), les Tombolama (groupements villageois) et les orpailleurs des mines artisanales. C’est dire que l’activité d’orpaillage échappe largement au contrôle de l’État et aux collectivités territoriales, posant des risques graves et non contrôlés pour l’environnement biophysique et humain et engendrant très souvent des conflits. Bien encadré, l’orpaillage profiterait mieux aux collectivités concernées et aux autres intervenants.

Le HCC en a vécu l’évidence lors de sa visite sur le site d’orpaillage de Koflatiè, en observant des orpailleurs en pleine activité, un autre monde accueillant des personnes des deux sexes, de tout âge et de toutes nationalités. Même de jeunes filles portant des bébés sur le dos y tentent leur chance.

Ainsi, au cours de la journée d’échanges et de sensibilisation, le maire de Kangaba, N’Zié Sinayoko, a reconnu les avantages et les inconvénients de l’orpaillage sur les populations et l’environnement. Pour le préfet, Mahamadou Maïga, au-delà d’être une source de revenus très importante dans le Cercle de Kangaba, l’orpaillage produit des effets néfastes sur l’environnement et contribue surtout à l’effritement de la société en passant par la déscolarisation des filles.

Selon le président du HCC, Mamadou Satigui Diakité, c’est à la lumière de ces constats et dans le souci de faire face aux inconvénients de la pratique de l’orpaillage que son institution a organisé cette rencontre. L’organisation de l’atelier s’est fondée sur une démarche participative, incluant les conseillers nationaux, les cadres du HCC, les représentants des élus locaux, des départements ministériels, des services déconcentrés de l’État, de la société civile, des intervenants dans ledit domaine et autres partenaires extérieurs de l’Institution.

Mamadou Satigui Diakité a indiqué que la rencontre a permis, entre autres, d’identifier les rôles et responsabilités des acteurs de l’orpaillage ; de faire ressortir les conséquences néfastes de cette activité sur l’environnement ; d’appréhender la gestion des ressources fiscales relatives à l’orpaillage et le processus de mise en œuvre de la réhabilitation des sites après exploitation. L’expert en la matière, Issa Coulibaly, conseiller technique au ministère des Mines, a entretenu les participants sur le sujet.



Envoyés spéciaux
Oumar DIAKITÉ
Bounama MAGASSA

autho

Oumar Diakité

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