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Les conférenciers ont dénoncé la convoitise permanente, dont font l’objet les terres

La convoitise des terres de recherche, est un problème récurrent dénoncé par les scientifiques de l’Institut d’économie rurale (IER). Dans le cadre de la lutte pour la protection de ses domaines et celles du Centre régional de recherche agronome de Sotuba(CRRA), le Comité syndical de l’IER, affilié à l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), a organisé une conférence de presse, Jeudi dernier à la Bourse du travail.Objectif : informer la population, les partenaires et les autorités politiques concernant les agressions foncières sur les terres de recherches de l’IER. «C’est la 5è agression foncière à laquelle l’IER est confrontée. Nous avons tout le temps eu gain de cause et le gouvernement nous a toujours aidés, mais cela ne finit pas. Il est temps que l’État prenne des mesures pour que nos terres de recherches soient classées comme patrimoine national», a plaidé Dr Kalifa Traoré, chercheur en sciences du sol et chef du programme Système de production et gestion des ressources naturelles (SPGRN), co-animateur de la conférence de presse.

Cette mesure s’impose au regard de l’importance de la recherche agricole en matière d’atteinte de l’autosuffisance alimentaire. «Pour qu’on puisse parler de souveraineté alimentaire, d’agriculture comme moteur du développement que nos dirigeants ont tout le temps prôné, il faut que les activités de recherches soient bien menées pour avoir des résultats probants à partager avec nos paysans», a soutenu le chercheur. Selon Pr Bamory Diarra, le CRRA de Sotuba couvrait une superficie de 1.068 hectares restés intacts sous les première et deuxième République. Car, ajoutera-t-il, ces régimes avaient compris et intégré l’importance de la recherche. Ils ont alors jalousement protégé le domaine de l’IER en faisant déguerpir les bidonvilles, rappellera le chercheur. Par contre, poursuivra-t-il, le régime du président Alpha Oumar Konaré l’a amputé de 800 hectares, avant de leur délivrer un titre foncier sur les 268 hectares restants qui ont été clôturés grâce à l’aide de la Banque mondiale, précisera Pr Bamory Diarra.

Il y a deux semaines, des individus ont tenté de morceler une partie de cette propriété de l’EIR, a dénoncé Pr Bamory Diarra. En 2007, la mairie de la Commune I aurait tenté la même chose avant d’être déboutée par la justice, a-t-il rappelé, comme pour dire que ces terres situées en plein cœur de Bamako sont devenues objet de toutes les convoitises. Or sur cet espace, l’IER mène des activités de recherche sur les principaux types de sol de l’Afrique de l’Ouest dans les domaines animales (dromadaires, bovins, etc.) et végétales (riz, maïs, etc.) pour l’atteinte de la sécurité alimentaire, l’autosuffisance alimentaire et l’émergence économique du Mali, a-t-il précisé.L’Institut d’économie rurale a été créé le 29 novembre 1960 pour assurer la coordination des différents types de recherches menées dans le pays et conduire des études techniques de développement agricole. Il a été érigé en établissement public à caractère scientifique et technologique en 2001.

Yacouba TRAORE

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Yacouba Traoré

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