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Le Syndicat national des transporteurs routiers urbain, interurbains internationaux (Syntrui-Mali) a observé hier un arrêt de travail de 24 heures sur toute l’étendue du territoire national. Ce mouvement d’humeur fait suite à l’entrée en vigueur au Mali du paiement de la redevance péage par passage, initialement prévue pour hier 17 février, mais reportée au 1er mars prochain.

Et comme il fallait s’y attendre, cette grève des routiers a paralysé certaines parties de la ville de Bamako. Les transports en commun ont été fortement perturbés. Par endroits, l’absence des Sotrama et des taxis dans la circulation était patente. La circulation avait retrouvé toute sa fluidité. De la route de l’aéroport en passant par Quartier-Mali, aucun véhicule Sotrama n’était visible. Au niveau du Centre international de conférences de Bamako (CICB), trois Sotrama étaient garés mais vides.

à travers la ville, des usagers désemparés, étaient attroupés au niveau des feux tricolores, des stations service ou au bord des différentes voies à la recherche de moto-taxi. Issou Bengaly, conducteur de moto-taxi était débordé. «Je suis débordé, souvent je suis obligé de laisser certains clients qui m’appellent», confie-t-il.

La place communément appelée «voxida», en Commune III, habituellement prise d’assaut par les Sotrama, était complètement déserte hier. Même constat à la compagnie de transport «Folona», à la gare routière de Faladiè. Les guichets étaient vides, le vendeur de billet somnolait. Venu déposer un courrier à destination de Bougouni, un jeune homme a été surpris d’apprendre l’arrêt total des activités pour raison de grève.

Si au niveau de ces endroits, l’arrêt de travail a été observé, tel n’était pas le cas derrière l’Assemblée nationale à Bagadadji, où stationnent de nombreux Sotrama de la rive gauche. Ici, l’ambiance était habituelle. Les Sotrama circulaient comme d’ordinaire.

Une place de Sotrama dans le centre-ville presque vide

Aux environs de 11h, quelques rares taxis et Sotrama remplis de passagers se faisaient remarquer dans la circulation un peu partout à travers la ville. Interrogé, le responsable syndical du parking situé derrière l’Assemblée nationale, Boubacar Traoré estime qu’à partir du moment où le gouvernement a accepté de reporter l’application de la décision portant péage par passage, l’arrêt des véhicules n’a plus de sens.

Le vice-président du Syndicat national des transporteurs routiers urbain, interurbains internationaux (Syntrui-Mali), Chiaka Diakité estime pour sa part que le mot d’ordre d’arrêt de travail a été observé sur toute l’étendue du territoire national. L’objectif de cette suspension de travail vise à faire lever complètement la décision du ministre des Transports et des Infrastructures concernant le péage par passage. «Nous avons l’habitude de payer le péage, maintenant, le gouvernement veut qu’on le paye à chaque passage, à l’aller et au retour. C’est ça le problème», a expliqué Chiaka Diakité.

La somme payée par véhicule va augmenter. «Des véhicules vont devoir payer jusqu’à 30.000 Fcfa par jour, a-t-il affirmé. Or, la décision nous a été parachutée. Nous avions prévu 72h d’arrêt de travail, mais nous allons nous limiter à 24h par respect pour le président du Conseil national de Transition, Malick Diaw». Il a par ailleurs précisé que l’observation d’une grève, comme l’adhésion à un syndicat, est libre et volontaire. «Nous avons indiqué à nos hommes de terrain de ne pas empêcher les gens qui ne veulent pas observer le mot d’ordre de circuler», a indiqué Chiaka Diakité. Toutefois, le report de la date d’entrée en vigueur n’a aucun sens pour nous. Nous sommes tout simplement contre l’application de cette décision», conclura notre interlocuteur.

Makan SISSOKO

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Makan Sissoko

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