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L’organisation régionale veut s’assurer que la Transition est sur de bons rails et que les actions prévues sont en train d’être effectivement mises en œuvre. La sortie de crise en dépend

Le médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’ancien chef de l’État nigérian Goodluck Jonathan, est arrivé hier dans notre pays pour une mission de deux jours au cours desquels il rencontrera les hautes autorités et toutes les parties impliquées dans le processus de transition.
À sa descente d’avion, Goodluck Jonathan a fait une première déclaration à la presse, dans laquelle il a indiqué qu’il était venu «poursuivre les discussions avec les parties prenantes de la Transition jusqu’à l’organisation des élections». Le médiateur a ajouté que la Cedeao se donne comme devoir de suivre le déroulement de la Transition au Mali, de «voir quelles sont les avancées qui ont été enregistrées et quel concours elle peut apporter» pour la réussite du processus.

Goodluck Jonathan a ensuite été reçu en audience par le Premier ministre Moctar Ouane. Le tête-à-tête entre les deux personnalités a été suivi d’une séance de travail élargie aux autres membres de la délégation de la Cedeao et aux collaborateurs du Premier ministre. À la fin de la rencontre qui aura duré une heure, Goodluck Jonathan s’est confié à la presse. «Nous aurions pu venir ici au mois de décembre, mais en raison de certaines préoccupations particulières, nous n’avons pas pu venir. Je suis venu, en ce début d’année, avec le président de la Commission de la Cedeao et le Commissaire en charge de la paix, de la sécurité et des affaires politiques pour faire le suivi des recommandations. Il s’agit de suivre des actions qui sont censées être mises en oeuvre pour résoudre la crise qui a éclaté l’année dernière. Comme vous le savez, il y avait des agitations, des remous dans le pays qui ont finalement conduit à l’intervention des militaires», a-t-il souligné, tout en se réjouissant de la mise en place de tous les organes de la Transition, à savoir le président, le vice-président, le gouvernement et le Conseil national de Transition (CNT).

Goodluck Jonathan a rappelé que le gouvernement doit faire face, dans un temps très limité, non seulement aux défis du moment mais aussi à l’organisation des élections. «Ce qui n’est pas du tout aisé», a admis l’ancien président du Nigeria qui a indiqué avoir commencé ses rencontres avec le Premier ministre, pour la simple raison qu’un «lourd fardeau» repose sur les épaules du chef du gouvernement dans la conduite des actions de la Transition. «C’est lui qui doit définir le rythme de la musique à jouer. Dans ce cadre, il a beaucoup de responsabilités», a indiqué Goodluck Jonathan, assurant que la Cedeao travaillera à trouver une solution aux problèmes que le Premier ministre a évoqués au cours de la rencontre, notamment le front social.

Sur sa page Facebook, le chef du gouvernement a précisé que la visite du médiateur de la Cedeao s’inscrit dans le cadre du suivi des recommandations du mini sommet tenu en octobre 2020 à Accra. Moctar Ouane a ajouté que la rencontre avec Goodluck Jonathan a permis d’aborder des questions telles que l’élaboration de la feuille de route de la Transition qui aborde l’organisation des élections, les réformes politiques, la sécurité nationale, la gestion du front social, l’inclusion et la question relative à l’arrestation de certaines personnalités, ces dernières semaines. “Sur ces points, j’ai tenu à rassurer que mon gouvernement est engagé à la tâche et reste attentif à l’évolution des affaires judiciaires qui suivent un cours parfaitement légal”, a révélé le Premier ministre qui a annoncé aussi que dans les semaines à venir, le Programme d’action gouvernemental, assorti d’un chronogramme sera validé et une conférence sociale sera organisée afin d’écouter et prendre en compte toutes les parties prenantes pour la bonne marche de la Transition et pour la tenue des élections libres et crédibles.

Aujourd’hui, l’émissaire de la Cedeao sera reçu par le président de la Transition, Bah N’Daw, le président du CNT, le colonel Malick Diaw et d’autres parties prenantes du processus de la transition. Il faut rappeler que depuis le déclenchement de la crise sociopolitique dans notre pays, la Cedeao s’est impliquée résolument dans la recherche de solution. À cet effet, elle a déployé plusieurs missions de haut niveau dans notre capitale pour apaiser la situation. Un médiateur dans la crise malienne a été nommé en la personne de l’ancien chef d’État nigérian Goodluck Jonathan. Lequel s’est rendu dans notre pays plusieurs fois pour tenter de résoudre la crise.


Oumar DIAKITÉ

autho

Oumar Diakité

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