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À ses victimes, il se présentait avec des documents portant sur des parcelles à usage d’habitation pour avoir ce dont il a besoin. La multiplication des plaintes en son encontre a finalement eu raison de lui

La trentaine environ, celui que nous désignons par ses initiales ZN, alias « Yatta de Kati » ou « PDG Yatta », pourrait se vanter d’être l’un des plus grands escrocs de son époque. Dans son registre, l’homme compte plusieurs dizaines de victimes qu’il a faites dans la ville garnison et ses environs. Au cours de ses « escapades », il n’a pas non plus oublié de sévir de temps en temps dans certains quartiers de Bamako pour se faire la poche avant de disparaître sans laisser la moindre trace. Le jeune homme usait de techniques simples, mais efficaces et quasi imparables pour gruger ses potentielles victimes. Seuls les policiers professionnels avaient la possibilité de le défaire comme ça été le cas d’ailleurs.

Mais avant qu’il en soit ainsi, ce sont plusieurs dizaines de plaintes émises en son encontre qui se bousculaient sur le bureau du commissaire divisionnaire, Moussa Cissé du commissariat de police du 1er arrondissement de Kati. Dans la foulée, les éléments de ce dernier n’ont pas pris de temps pour coincer cet escroc hors paire, le mettre aux arrêts avant de le livrer à la justice au grand soulagement des populations, victimes.

Une multitude de plaintes- S’il faut croire nos sources au commissariat de police sus cité, avant son interpellation, ce jeune homme traînait une multitude de plaintes qui avaient une certaine similarité dans le déroulé des faits à lui reprochés. Cependant, tout serait parti de celle d’un certain Seydou. Devant le chef de la Brigade des recherches, le major de police Souleymane Z Coulibaly dit « Konkoun Solo », cette énième victime de « PDG Yatta » a détaillé la façon dont celui-ci l’a roulé dans la farine en lui faisant miroiter des documents portant sur des parcelles à usage d’habitation, dont les valeurs sont estimées entre 200.000, 350.000 et 1 million de francs CFA. Selon les déclarations de la victime, au cours des échanges qu’il a eus avec son bourreau, celui-ci n’aura pas de problème pour se montrer particulièrement convainquant. Il est ainsi parvenu à facilement convaincre sa victime pour lui soutirer de l’argent après lui avoir promis des parcelles à usage d’habitation dans la ville garnison ou ses alentours.

Mais avant, le nommé Seydou, complètement pris dans la nasse de l’escroc l’avait invité chez lui à la maison pour débattre de cette histoire de parcelles d’une part. Et d’autre part, consolider les désormais liens d’amitié qui les unis pour d’éventuelles affaires du même genre. Pour mieux appâter son vis à vis pendant qu’il se trouvait au domicile de ce dernier, l’escroc s’est montré très courtois, voire généreux avec l’épouse de sa future victime.

À la femme de cette dernière, il a promis un téléviseur écran plat dans un bref délai. Très professionnel, il est parvenu à donner l’impression aux membres de la famille de Seydou qu’il était désormais un des leurs. Le temps passant dans la maison, après plusieurs dizaines de minutes de débats, Seydou était totalement sous l’emprise de « PDG Yatta ». Comme d’autres victimes qui lui avaient remis des documents de leurs parcelles à usage d’habitation, lui aussi lui a remis les siens. En fait ces documents étaient pour lui, comme des « pièces à conviction » qu’il présentait à d’autres victimes pour les gruger.

Histoire cousue de fil blanc- Chez Seydou aussi, l’homme avait pu réussir le même coup. Sans perdre de temps, il enfourcha sa moto devant le bonhomme qui semble n’avoir rien compris dans son manège. Puis il a disparu comme s’il n’était jamais passé par là. Dans la pratique, il s’est avéré que le nommé Seydou était la énième victime de cet escroc. Facilement, celui-ci parvenait à convaincre ses interlocuteurs pour disparaître avec leurs documents de parcelles à usage d’habitation pour s’en servir chez d’autres personnes pour les mêmes buts. Mais il prenait le soin de raconter toujours des histoires cousues de fil blanc après les avoir promis de l’argent en espèces.

Argent qu’ils ne verront jamais d’ailleurs. C’est comme cela que Seydou, grugé comme d’autres, a aussi attendu durant des jours et des jours en vain. Après avoir longtemps et vainement attendu «PDG Yatta », il n’a eu d’autres choix que d’aller déposer une plainte contre celui-ci au commissariat de police cité. Mais avant ce cas, l’escroc qui est connu pour être un « rat » qui rode toujours devant le tribunal de la ville garnison, à la recherche de proie facile, avait grugé le frère d’un porteur d’uniforme. Cette victime serait d’ailleurs sous les verrous jusqu’à ce jour.

À l’époque, l’escroc avait promis aux proches de ce prisonnier, qu’avec la complicité de magistrats il était possible pour lui d’« arranger » un moyen pour que leur fils soit en liberté provisoire. Tout comme dans ses faits précédents, là aussi, il s’était montré convainquant. Aux termes de cette affaire, il s’en est sorti avec plus de 500.000 francs CFA. Bref, la liste des victimes de « Yatta de Kati » est loin d’être exhaustive.
Nanti, de renseignements quasi certains, les limiers de la Brigade des recherches de Kati sont allés cueillir l’indélicat escroc au quartier Mission de Kati. Il été conduit dans les locaux du commissariat pour y être auditionné. Si un fait a marqué les esprits après l’interpellation de « PDG Yatta », c’est le fait qu’il traine le nom d’un inconditionnel des boîtes de nuit en mode de la ville garnison. Et ce nom, ce « PDG » d’un autre type le doit aux éloges dont il jouissait de la part des déférents Disc Jockey au cours des nuits chaudes dans ces très populaires établissements de loisirs. Établissements dans lesquels il disposait, s’il faut croire nos sources, de place réservée dans les salles VIP. Bref, « PDG Yatta » était un bon vivant qui vivait de l’escroquerie au vu et su de tout ceux qui le côtoyaient.

Victimes naïves- Lorsqu’elles ont appris son interpellation plusieurs de ses victimes, dont des proches d’un jeune artiste populaire, ont afflué vers le commissariat de police pour constater de visu, la réalité de cette arrestation. Selon les policiers, parlant de l’artiste chanteur dont il est question, l’escroc s’était présenté aux proches de ce dernier comme étant très proche, voire en contact permanent avec ceux qui détiennent la réalité du pouvoir dans la ville garnison aujourd’hui. Donc, à ce titre, il était possible pour lui d’influer sur les décisions de justice en faveur de l’artiste incarcéré. Comme dans toutes ses histoires, ici aussi, il est parvenu à convaincre ses interlocuteurs qu’il allait tout mettre en œuvre pour faire sortir leur fils et ou neveu de la prison. Puis, il s’est retiré avec la somme de 210.000 francs CFA en plein jour. Et sans que personne ne puisse rien soupçonné quoi que ce soit dans son attitude.

S’il a usé de professionnalisme, dans certains cas, l’escroc semble avoir profité de la naïveté de ses victimes pour se faire la poche et disparaître. Aux termes de son interrogatoire, « PDG Yatta » ne pouvait faire autrement que de reconnaître les faits dont il était suspecté. Mieux, sans hésiter une seconde, il a affirmé avoir dépensé tout l’argent qu’il a détourné aux dépens de ses victimes. L’homme n’avait plus un copeck dans sa poche au moment de son arrestation. Comme les carottes étaient cuites pour lui, les limiers n’ont pas jugé nécessaire de traîner avec le dossier de cet escroc d’un genre un peu particulier. Dès lors, le nommé ZN alias « Yatta de Kati » a été déferré devant le procureur du tribunal de Grande instance de Kati. Il attend de comparaître devant des juges pour être fixé sur son sort. Il aura peu de chance de s'en sortir librement. La raison. Il croule déjà sous le poids des preuves irréfutables.

Yaya DIAKITÉ

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Yaya Diakité

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