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Le Premier ministre l’a clairement dit dans son intervention de clôture de la rencontre qu’il a eue jeudi dernier avec la classe politique au CICB. Sur la création de cette structure, les autorités s’emploient, par la recherche d’un consensus, à surmonter les résistances et rassurer les uns et les autres

«Il ne saurait y avoir de fissure dans le gouvernement dès les premiers jours où j’ai affirmé clairement qu’il y aura l’organe unique», a tranché tout net le Premier ministre. Par ces mots, Dr Choguel Kokalla Maïga clarifie du coup une situation que d’aucuns n’hésitaient pas à qualifier de «contradiction au sommet de l’État» ou de «fissure dans le gouvernement», suite à l’organisation récente par le ministère de l’Administration territoriale d’un atelier sur la mise en place de l’organe unique de gestion des élections.

Pour rappel, pour diverses raisons évoquées, notamment le délai restant de la Transition, une large majorité des participants avait estimé que l’effectivité dudit organe ne sera pas possible. Il n’en fallait pas plus pour alimenter le débat sur l’opportunité de la création de cette structure, et partant, développer une certaine suspicion à l’endroit des porteurs de l’initiative. Une vue des participants à la cérémonie d’ouverture de la rencontre

Pour le chef du gouvernement, il ne faut pas que la « classe politique vienne polémiquer » autour d’une initiative du ministre de l’Administration territoriale, qui est dans son rôle. Selon Choguel Kokalla Maïga, la haute administration continue son travail. Et d’ajouter que ce sont les «autres qui ont interprété» le sens du travail du ministre Maïga en faisant croire qu’il y avait une fissure dans le gouvernement.

Le chef de l’exécutif de souligner que la mise en place de l’organe unique «nous mettra à l’abri de beaucoup de surprises». Persuadé que c’est le gouvernement de Transition qui peut faire ce travail, Dr Choguel Kokalla Maïga n’est pas moins d’avis qu’avec la volonté politique les lignes bougeront.

L’exercice d’explication auquel s’est prêté le Premier ministre était d’autant plus opportun que lors des échanges, les plus sceptiques des acteurs politiques ont demandé plutôt le renforcement de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) en lieu et place de l’organe unique. Aussi, plusieurs intervenants ont émis des réserves sur la volonté des autorités à respecter la durée de la Transition, mais surtout sur la moralité des personnes qui auront la charge de gérer ledit organe.

Face à cette situation, l’option consiste à ne pas donner l’impression d’imposer quelque chose aux Maliens. Ainsi, le chef du gouvernement a promis que lui et son équipe continueront à expliquer la pertinence de la mise en place d’un organe unique de gestion des élections. Il s’agit de mettre en place un système transparent pour que le peuple soit maître de son destin, en choisissant la personne à qui il fait confiance.

Déjà, le chef du gouvernement s’est dit convaincu que l’écrasante majorité des Maliens adhère au processus de changement. Maintenant, il reste aux forces du changement de prendre une direction résolue et déterminée. En ce moment, soutiendra-t-il, les hésitations vont s’arrêter. Le Premier ministre rappellera que l’objectif de la Transition est de refonder le Mali. «Il n’y a aucune malice, tout ce que nous faisons, c’est pour faire en sorte qu’à la fin de la Transition, on puisse poser les bases de la refondation», a-t-il rassuré.


Oumar DIAKITÉ

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Oumar Diakité

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