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La maladie connaît une recrudescence dans notre pays avec l’augmentation des cas positifs. Le chiffre record de contamination a été atteint le 1er avril dernier avec 157 cas confirmés sur 1.400 échantillons testés

Est-ce qu’on est en train d’assister à une troisième vague de contamination au coronavirus dans notre pays ? En tout cas tout porte à le croire puisque ces derniers temps, notre pays a connu une certaine recrudescence de la maladie. Le 1er avril dernier, 157 cas positifs ont été enregistrés sur 1.400 échantillons testés. Ce chiffre record de contamination préoccupe, à juste raison, mais requiert de maintenir la garde haute pour se préserver des fulgurances de la Covid-19 comme on le voit dans les pays développés et dans d’autres pays du continent.

Pr Akory Ag Iknane est le coordinateur national de la lutte contre la Covid-19 et directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP). Il confirme la troisième vague à l’épidémie dans notre pays. À ce propos, il incrimine le non respect des mesures de prévention contre la maladie et déplore les regroupements. «Nous assistons à des mariages, à des activités sportives et à d’autres regroupements sans respect des mesures barrières. Tout a repris comme si on était en dehors de l’épidémie», se désole-t-il, ajoutant qu’à Bamako qui reste l’épicentre de la maladie, les Communes IV, V et VI sont les plus affectées.

Le directeur général de l’INSP n’exclut pas la possibilité d’une nouvelle variante dont la transmission est très rapide. Mais pour l’instant, notre pays ne dispose pas d’éléments scientifiques dans ce sens. Le coordinateur évoque aussi l’éventualité des personnes atteintes de coronavirus et confinées à la maison qui ne respecteraient pas les mesures barrières. Selon Pr Akory Ag Iknane, ces différentes hypothèses pourraient expliquer cette troisième vague de contamination. On est à la 55è semaine de l’épidémie. La première a duré 12 semaines d’ascension jusqu’à un pic qu’on a atteint à la mi-juin. Ensuite, il y a eu une baisse de la courbe qui a duré 8 semaines.

Une troisième phase en plateau avec 8 cas par jour qui a duré 12 semaines. Brusquement notre pays s’est retrouvé vers la deuxième vague qui avant d’atteindre le pic le 4 décembre dernier, a fait 151 cas. Cette vague a duré 9 semaines. Puis le Mali a enregistré une baisse qui a duré trois semaines. Maintenant, nous enregistrons une remontée des cas. «Ce qui fait penser que nous sommes dans la troisième vague et qui n’a pas encore atteint son pic», explique le coordinateur national de la lutte contre la Covid-19. Pour le scientifique, cette vague ainsi que la précédente sont deux fois plus fortes que la première.

«Nous avons déjà un record de 157 cas qui n’a pas été obtenu lors des précédentes vagues de contamination. D’où l’intérêt de nous ressaisir et d’observer les mesures de prévention qui sont très efficaces. En attendant que nous ayons suffisamment de doses de vaccin pour une frange importante de la population, nous devons nous en tenir aux mesures de prévention», conseille-t-il. Et de souligner que pour rompre la chaîne de transmission, il faut qu’au moins 80 à 85% de la population soient vaccinés.

Avec le Ramadan qui approche, le risque sera démultiplié avec les prières collectives. Sur ce point, Pr Akory révèle qu’avec la plateforme multi-acteurs, composée de la société civile, des religieux, ils ont jugé nécessaire de doter les gens de masques et d’inviter au strict respect des gestes barrières (lavage des mains au savon, distanciation physique et autres). Il s’est dit convaincu que ces mesures peuvent effectivement aider à rompre la chaîne de transmission. Est- ce que la vaccination est possible pendant le Ramadan ?

Le coordinateur national de la lutte contre la Covid-19 a préféré ne pas aborder la question. Il a simplement confié que la vaccination se passe bien. Jusqu’à maintenant, il n’y a pas encore eu d’incidents majeurs ou d’effets secondaires liés à la vaccination, a fait savoir Pr Akory, ajoutant que toutes les dispositions sont prises dans les différents centres de prise en charge pour faire face aux éventuels effets secondaires.

Le coordinateur national de la lutte contre la Covid-19 exhorte la population à faire confiance et à accepter de se faire vacciner. Selon lui, l’efficacité du vaccin est proche de 100% pour les personnes de plus de 65 ans. Il est donc important que ces personnes se fassent vacciner pour réduire la mortalité.
Pour le Pr Akory Ag, le vaccin est très efficace pour les formes modérées et graves. Il rassure qu’on ne peut en aucun cas faire plus que ce que l’éthique et la morale ne permettent. Notre pays a une somme d’expériences dans la recherche vaccinale. Nous n’allons pas induire nos populations en erreur, indique-t-il.

Fatoumata NAPHO

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Fatoumata Napho

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