single

La conférence de presse était animée par le président de la CVJR (c)

«Pour ma part, je considère que ce qui symbolise le plus le traitement inhumain, cruel et dégradant, c’est le bagne de Taoudéni. Nous avons enquêté là-dessus et ça va passer aux audiences publiques». Le président de la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR), Ousmane Oumarou Sidibé, campait ainsi, hier lors d’une conférence de presse, le déroulé de la 2è audience publique de son organisation, prévue ce samedi au Centre international de conférences de Bamako (CICB).

Le thème retenu porte sur : «Atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique». D’après le conférencier, ce sont au total 12 victimes de violation grave des droits de l’Homme qui seront entendues lors de cette rencontre. Ces victimes ont été sélectionnées selon le principe des «cas emblématiques (ceux ayant concerné un grand nombre de personnes ou restés dans la mémoire collective)», selon le président de la CVJR.

D’après Ousmane Oumarou Sidibé, cette sélection s’effectue toujours sur une base volontaire. Toutefois, a-t-il signalé, conformément à son mandat, la Commission peut inviter toute personne ou organisation dont elle estime que le témoignage peut être utile dans le cadre de son travail.

«Les personnes qui témoignent et les victimes entendues lors des audiences publiques rapportent des faits vérifiés par la CVJR et les organisations de la société civile», a assuré le principal animateur de la conférence de presse. Selon lui, les standards de preuves appliqués lors des audiences sont les mêmes que ceux des enquêtes de la Commission, tels que définis dans sa stratégie d’enquête, à savoir la suspicion raisonnable.

Par ailleurs, Ousmane Oumarou Sidibé dira que les audiences publiques visent à rendre aux victimes leur dignité et faciliter un début de guérison, en reconnaissant publiquement ce qui leur est arrivé. Autres objectifs : promouvoir la reconnaissance nationale des victimes et l’intégration de leurs récits à la mémoire et à l’histoire nationales et utiliser l’information reçue comme un outil d’éducation et de sensibilisation pour la population dans son ensemble, afin de promouvoir le dialogue sur le passé et la réconciliation nationale.

À ce jour, a annoncé le président de la CVJR, les dépositions reçues au niveau des antennes de la Commission tournent autour de 19.000 dont 500 en provenance du camp de réfugiés de M’Béra (Mauritanie). «Ce qui est très important pour les victimes, notamment les réfugiés», a-t-il salué. Il a aussi informé que le mandat de la CVJR couvre toutes les crises enregistrées dans notre pays de 1960 à nos jours.

Rappelant que son organisation ne répare pas les victimes, Ousmane Oumarou Sidibé a, cependant, indiqué qu’elle les assiste, en cas de besoin psychologique ou médical. Sur la même lancée, il dira qu’ils ont validé «une politique nationale de réparation pour les victimes, qui a été déposée sur la table du gouvernement avec un projet de loi sur les réparations et un projet de décret». La particularité de cette édition est qu’elle sera diffusée en direct sur la télévision nationale (ORTM), selon les responsables de la CVJR.

Bembablin Doumbia

autho

Bembablin Doumbia

ARTICLES CONNEXES

VOIR TOUT

LES PLUS RECENTS

VOIR TOUT

TWITTER