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La France d’Emmanuel Macron, sentant qu’elle est probablement en train de perdre du terrain en Afrique francophone, multiplie initiatives et interventions pour réadapter sa stratégie à ce contexte nouveau. Pour ce faire, elle essaie de se faire désirer davantage en menaçant de se retirer des pays affaiblis comme le Mali où il n’y a ni «légitimité ni transition». Au même moment, elle se mobilise et mobilise les pays riches pour aider les économies africaines à se relancer après une relative accalmie constatée depuis un moment dans la propagation de la maladie à coronavirus.

Face à l’intérêt de plus en plus grandissant de certains de ses concurrents pour le continent, la France se voit dans l’obligation d’adopter une diplomatie économique agressive pour préserver ses intérêts et ceux de ses multinationales opérant en majorité en Afrique. Celles-ci ont impérativement besoin de stabilité politique et économique apparente pour «pouvoir extraire et transporter nos matières premières ».

En la matière, la France exporte des biens et services en direction de l’Afrique. à titre d’exemple, l’Europe est le deuxième fournisseur du Mali en biens avec 22% du total des importations. Nos achats de biens avec eux sont évalués à 663 milliards de Fcfa. La part de la France dans le total de ces importations s’est située à 37% en 2019, après 35,5% en 2018. La décomposition des livraisons de biens par grande catégorie montre que le Mali importe essentiellement des produits énergétiques et des biens d’équipement, selon la Balance des paiements et position extérieure globale du Mali en 2019 de la Bceao.

Nos importations de services se sont accrues de 12,1% en 2019, en s’établissant à 1.315,8 milliards de Fcfa en liaison avec les services extérieurs reçus dans le cadre des missions militaires, qui ont atteint 411,3 milliards de Fcfa en 2019.

Il faudrait, pour ce faire, que les Africains aient un revenu moyen pour pouvoir acheter ces produits finis français ou européens. Produits fabriqués essentiellement à partir de matières premières brutes africaines achetées à vil prix.

à ce niveau, le vieux continent est la seconde destination des biens produits au Mali, après l’Afrique. Sa part dans le total des exportations maliennes est en augmentation de 4,2% par rapport à 2018 pour un montant de 816,6 milliards de Fcfa en 2019, soit 37,9 %. Cela après 670,8 milliards de Fcfa (33,7%) en 2018.

La Bceao explique cette évolution par la progression des exportations d’or vers la Suisse (deuxième destinateur après l’Afrique du Sud). Elles sont passées de 624,3 milliards de Fcfa en 2018 à 760,3 milliards en 2019. En dehors de la Suisse, qui absorbe 93,1% de nos exportations à destination de l’Europe, la part des autres Européens (France, Belgique, Allemagne, Italie et Pays-Bas) ressort à 6,9% en 2019. Ces exportations sont constituées de coton, de fruits, de peaux et cuirs, etc.

D’où l’intérêt pour la France et l’Europe d’œuvrer pour la stabilité du Mali, gage de développement pour ses multinationales. Donc, d’emploi stable pour ses citoyens.

C. M. T

autho

Cheick Moctar Traoré

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