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Le riz est la céréale la plus cultivée et la plus prisée par les populations

Les ambitions sont affichées et les moyens financiers et techniques sont prévus pour atteindre les objectifs de production

Après une campagne agricole 2020 en demi-teinte marquée notamment par diverses crises au plan social, politique, sécuritaire, sanitaire et économique, le Mali dévoile ses prévisions de productions pour la nouvelle campagne agricole. Lancée mardi par le président de la Transition Bah N’Daw à la faveur du Conseil supérieur de l’Agriculture, cette campagne qui s’ouvre pourrait être celle de la reconquête de notre place légendaire en matière de production cotonnière, de consolidation des acquis concernant les cultures céréalières.

En la matière, le ton est donné par le département en charge du Développement rural qui place cette campagne sous le signe de la reprise de la production cotonnière après le coup d’arrêt suite au mouvement de boycott dans toutes les zones de production. Pour y arriver, la production nationale pour la campagne 2021 est estimée à 820.000 tonnes de coton graines pour une superficie de 810.000 hectares. Ce qui correspond à un rendement moyen de 1.012 kg/ha. Au Mali, les superficies de coton représentent environ 31% de l’ensemble des superficies des cultures du système coton pour une norme recommandée de 33%. Cela permettra d’accroître les superficies coton sans compromettre l’équilibre entre les cultures.

Le coût de l’intensification du système coton pour cette campagne est estimé à 135.709.746.000 Fcfa. Ce coût est calculé sur la base des prix de cession des intrants au comptant en vigueur depuis la campagne 2020. à rappeler que pour la filière coton, la production totale a été évaluée à 147.200 tonnes en 2020, dont 11.300 en zones Office de la haute vallée du Niger (OHVN), soit une baisse de production de 77% et de superficies de 78% par rapport à 2019. Cette chute historique est due à la baisse du prix d’achat du coton graine aux producteurs, au transfert de la subvention de l’état des engrais au prix d’achat du coton graine, à la contestation relative au renouvellement des instances, au retard constaté dans l’installation des pluies et à la mauvaise répartition de la pluie dans le temps et dans l’espace.

Quant à la production céréalière attendue au terme de la campagne 2021, elle est estimée à 11.300.776 tonnes, en hausse de 10,43% par rapport à celle de 2020. Une légère baisse de 0,3% des superficies est toutefois constatée par rapport 2020. Cette réduction serait due à la baisse des objectifs d’emblavures de maïs et de riz par rapport aux prévisions de 2020.
Les quantités de céréales produites en 2020 ont été estimées à 10.217.286 tonnes. Elles sont en baisse de 2,39% par rapport à 2019. Le bilan céréalier au sortir de 2020 dégage un excédent apparent de 3.627.060 tonnes pour les céréales sèches et 205.440 tonnes pour le riz. Le blé enregistre un déficit de 182.390 tonnes.

Les quantités d’engrais nécessaires pour couvrir les besoins de la campagne sont estimées à 254.601 tonnes pour un montant de 85.110.703.587 Fcfa. Par rapport au prix de la subvention des engrais, la part des producteurs revient à 51.562.135.490 Fcfa. Il se dégage un écart de 33.548.568.097 Fcfa. Le montant accordé pour la subvention des intrants par l’état est de 15,6 milliards de Fcfa correspondant à 124.616 tonnes d’engrais. Cette quantité couvrira, selon la direction nationale de l’Agriculture, 49% des besoins globaux en engrais de la campagne agricole 2021. La gestion de la subvention avait porté en 2020 sur 12.907,25 tonnes d’Urée, 4.948,18 tonnes de DAP et 633.243 tonnes de NPK pour 498.529 bénéficiaires pour un montant total de 10,3 milliards de Fcfa.

La promotion des filières gomme arabique et karité fait partie des priorités du gouvernement. La filière gomme arabique apparaît comme la plus importante source de revenus pour les populations démunies des zones arides. Elle est donc un moyen de lutte contre la pauvreté et de croissance pour le pays. Pour ce faire, il est, au titre de la campagne agricole 2021, attendu une production de 10.888 tonnes. Les superficies nécessaires à cet effet sont estimées à environ 75.000 hectares.
Quant au karité, les objectifs de la campagne 2021 sont de 188.480 tonnes d’amandes de karité pour une transformation moyenne de 70.680 tonnes de beurre de karité. Le rendement à la transformation se situe entre 35 et 40% du produit brut. En la matière, le Mali est l’un des principaux producteurs mondiaux avec un potentiel estimé à 250.000 tonnes d’amandes. 125.000 tonnes sont réellement exploitées et 53.000 tonnes d’amandes sont exportées.

Dans le cadre de la promotion des cultures fourragères, 100.400 kg de semences (différentes espèces fourragères) seront mises en place pour toutes les régions. Il sera également installé 110.000 boutures de l’herbe à éléphant Giant King Grass. Il faut rappeler que le bilan fourrager global calculé en comparant les besoins globaux théoriques du cheptel résident de toutes les régions sont estimés à 25.564.677 TMS. Le disponible fourrager (réel) est évalué à 37.056.243 TMS. Ce qui fait ressortir un excédent fourrager global de l’ordre de 11.491.566 TMS. Une bonne réserve pour engraisser les bêtes.

En matière de santé animale et de santé publique vétérinaire, les actions porteront sur la vaccination de 67.398.263 têtes en 2021 (animaux et volailles) contre diverses maladies. Elles consisteront aussi à la réduction de 95% de la densité apparente de glossine dans la zone de lutte, l’acquisition de 180.000 doses de vaccins contre la fièvre aphteuse, la production de 43 millions de doses de vaccins pour toutes valences confondues, le contrôle de 40.000 boutiques, 1.900 foires et marchés. Elles viseront également l’inspection des viandes au niveau de 12 abattoirs et 702 aires d’abattage. Les objectifs de productions contrôlés de viande rouge pour 2021 sont de 110.032 tonnes, soit environ une hausse de 18% par rapport aux réalisations de 2020.

2020 où la production de poissons était en progression de 1,15% par rapport à 2019. L’exportation de poissons a connu une baisse surtout au niveau du port de pêche de Mopti pour raison d’insécurité. Toutefois, à Gao et Ménaka il y a une nette amélioration avec la reprise du trafic entre le Mali et le Niger. Les exportations de poissons ont rapporté aux acteurs de la filière un gain brut de 52,5 milliards de Fcfa.

Cheick M. TRAORÉ

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Cheick Moctar Traoré

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