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La ville de Montpellier accueille, depuis la semaine dernière, une exposition du maître de l’art plastique du Mali, Abdoulaye Konaté. Parmi les œuvres présentées trois sortent du lot. Il s’agit de « Lune bleue ». Douce et féminine, la lune est mélancolique aussi. Serait-ce l’esquisse d’un renouveau, un message d’espoir et de résilience venant contrer la violence dans un face à face contenu dans les murs blanc de l’espace retenu pour cette exposition ?

Quant à «Vert Touareg», symbole de l’espérance, des pâturages, de l’abondance et de la quiétude rêvée au cœur du désert de sable doré jouxte « les goûtes rouges », d’où suintent autant les sangs des innocents, que l’énergie, le feu, la renaissance. Le sang versé donne la mort.

Enfin, l’œuvre intitulée « Hommage à Joëlle Busca » est consacrée à une Française critique d’art, décédée il y a deux années. Le textile est une seconde peau mais aussi le support d’un verbe chromatique. Ce qui illustre « Hommage à Joëlle Busca » où l’artiste honore le manteau fétiche de son amie. Il esquisse le portrait-robot de celle qui lui fut si chère et arrachée à son affection pour rejoindre les astres, la tête s’étant fait lune. Il tente de saisir et fixer dans la matière fluide l’essence de J. Busca, une empreinte chaude et lumineuse traduite dans la déclinaison de ses couleurs favorites avec en cœurun continent qu’elle chérissait et dont elle admirait la puissance créatrice.

Selon Michaël Delafosse, maire de la ville de Montpellier, et président de Montpellier Méditerranée Métropole : « Montrer l’extraordinaire créativité artistique et intellectuelle de l’ensemble des pays et régions qui composent le continent africain est un des enjeux majeurs du nouveau Sommet Afrique – France que Montpellier accueillera, du 7 au 9 octobre prochains.Lune bleue, l’exposition proposée par l’Espace Dominique Bagouet dans ce cadre, et dès le 8 juillet, nous invite à découvrir l’œuvre d’un des meilleurs artistes de la scène contemporaine africaine, Abdoulaye Konaté.

Maître des contrastes, cet artiste malien utilise pour ses installations gigantesques un assemblage géométrique parfaitement maîtrisé de textiles teintés d’une infinie palette de nuances. Au commencement de l’œuvre, il y a le travail des femmes teinturières du Mali, et celui des tailleurs des cités d’Afrique, auxquels l’artiste fait régulièrement appel.

La puissance symbolique de ces tapisseries murales, leur ordonnancement architectural rigoureux, cette patience qui ne laisse rien au hasard, interroge, interprète, propose une lecture du monde, de ses désordres comme de ses espoirs, de ses beautés comme de ses effondrements. Une exposition qui restera à la disposition du public jusqu’à la fin du mois d’octobre prochain.

Abdoulaye Konaté, un artiste récompensé par de nombreux prix. En 1996, il devient le premier lauréat du Prix de la Biennale de Dakar, Sénégal. En 2008, il a reçu le Prix passeport Créateurs sans Frontières, France ; et en 2019, il est fait Docteur honoris causa de l’université des Arts de la Havane (Cuba).

Ses œuvres sont rentrées dans des collections maliennes comme celle du Palais présidentiel du Mali à Koulouba, du Musée national, de la BCEAO, entre autres. Sur le plan international des collections célèbres comme : Arken Museum for Moderne Kunst IshØj du Danemark ; Centre Pompidou Paris et Fondation Blachère Apt, de France ; Fondation Guy et Myriam Ullens Genève, Suisse ; Fundação Sindika Dokolo et Gare do Oriente Lisbonne, Portugal ; Metropolitan Museum of Art New York, États-Unis ; Smithsonian Museum Washington, États-Unis ; Stedelijk Museum Amsterdam, Pays-Bas ; The Tang Teaching Museum Saratoga, états-Unis d’Amérique (USA).

autho

Dr Ibrahim Maïga

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